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Votation populaire · 28.09.2025Objet fédéral

Arrêté fédéral relatif à l’impôt immobilier cantonal sur les résidences secondaires

Votations2025
57,7% OuiNon 42,3%
Votations
Accepté
Oui
57,7% 1 579 379
Non
42,3% 1 156 598
Majorité des cantons
16.5 / 23
Participation
51,6%

Résultat pondéré par les bulletins sur 2 117 communes

Contexte

Quiconque possède un immeuble et l’utilise doit déclarer la valeur locative en tant que revenu imposable. En contrepartie, les intérêts passifs et les frais d’entretien sont déductibles du revenu imposable. Le Parlement a décidé de modifier la loi pour abolir l’imposition de la valeur locative et limiter les déductions fiscales. La modification vaut pour les résidences tant principales que secondaires. Il a aussi décidé de modifier la Constitution pour que les cantons puissent percevoir un impôt immobilier spécial sur les résidences secondaires essentiellement à usage personnel.

La réforme

Comme les modifications de la Constitution doivent être acceptées par le peuple et les cantons, l’impôt immobilier spécial est soumis au vote. Or, l’abolition de l’imposition de la valeur locative est liée juridiquement à la modification de la Constitution. La votation décidera donc de l’ensemble : si l’impôt immobilier spécial est rejeté, l’imposition de la valeur locative sera maintenue. La réforme influe sur la charge fiscale des propriétaires de logements et donc sur les recettes de la Confédération, des cantons et des communes. La hausse ou la baisse des recettes fiscales dépendra fortement des taux hypothécaires. Concernant les résidences secondaires, l’évolution des recettes dépendra des cantons, qui auront toute latitude pour appliquer ou non l’impôt immobilier spécial. Les cantons touristiques, notamment, pourraient avoir besoin de compenser la baisse des recettes fiscales liées aux résidences secondaires.

Question posée

Acceptez-vous l’arrêté fédéral du 20 décembre 2024 relatif à l’impôt immobilier cantonal sur les résidences secondaires ?

Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref » · Page officielle

Résultat par commune

part du oui par commune
NonOuiAucun résultat
#CommunePart du ouiCanton
1Urmein88,6%GR
2Flerden87,0%GR
3Riemenstalden85,7%SZ
4Hüttikon85,1%ZH
5Fürstenau84,8%GR
6Dättlikon83,7%ZH
7Roggwil83,5%TG
8Thalheim an der Thur83,3%ZH
9Dozwil83,2%TG
10Eichberg83,2%SG

Résultat par district

part du oui par district — les chiffres de district publiés par l’OFS ; les cantons sans districts restent neutres
NonOuiAucun résultat

Résultat par district

Résultats par district tels que publiés par l’OFS — top 10 oui / top 10 non

Comment les cantons ont voté

part du oui par commune

Cet objet exigeait la majorité du peuple ET celle des cantons. Six cantons comptent pour une demi-voix (art. 142 Cst.).

16.5 sur 23 cantons — Accepté
NonOuiAucun résultat
Genève66,1%
Vaud63,8%
Jura61,4%
Valais60,3%
#CantonPart du ouiParticipationCommunes
1Appenzell Rhodes-Intérieures75,1%48,9%5
2Appenzell Rhodes-Extérieures73,4%56,6%20
3Thurgovie72,4%56,2%80
4Saint-Gall71,7%53,5%75
5Glaris70,1%45,0%3
6Argovie69,0%54,6%196
7Schwytz68,6%57,3%30
8Obwald68,2%54,5%7
9Nidwald68,0%55,7%11
10Lucerne67,5%54,6%79
11Grisons67,1%48,0%100
12Uri65,5%46,5%19
13Zoug65,0%55,2%11
14Soleure62,2%53,9%104
15Zurich61,2%56,6%160
16Bâle-Campagne60,5%52,3%86
17Schaffhouse58,7%70,4%26
18Tessin56,5%53,1%100
19Berne55,4%47,6%329
20Fribourg49,2%48,5%119
21Bâle-Ville47,1%57,7%3
22Valais39,7%49,5%122
23Jura38,6%43,9%51
24Neuchâtel38,4%41,4%24
25Vaud36,2%51,4%300
26Genève33,9%51,6%45

Positions

Recommandations selon les explications

Recommandation du Conseil fédéral et du Parlement

RecommandationOui

L’abolition de l’imposition de la valeur locative simplifie le système fiscal et réduit les incitations à l’endettement des ménages. L’impôt immobilier spécial permet aux cantons concernés de s’assurer des recettes fiscales sur les résidences secondaires.

admin.ch/impot-immobilier

Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral

Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »

Position de la minorité du Parlement

RecommandationNon

Une minorité du Parlement rejette la réforme. Une partie veut conserver l’imposition de la valeur locative au motif que l’abolition profite surtout aux propriétaires de leur logement et qu’elle peut conduire à une baisse des recettes fiscales de l’État. Une autre partie veut garder au moins l’imposition sur les résidences secondaires.

parlement.ch > Mots-clés, objets, … > 22.454

Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral

Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »

Vote au Parlement

OuiNonAbstentions
Conseil national1235714
Conseil des États25154

Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref ». Tel qu’indiqué dans les explications ; si leurs versions linguistiques divergent, le chiffre commun à au moins deux versions est retenu.

Les positions sont les résumés tirés des explications officielles du Conseil fédéral, repris mot pour mot, sans coupe ni appréciation de la part de ce site. Les arguments complets des deux camps figurent dans les explications en lien.

Contexte Propriété du logement en Suisse

La Suisse est surtout un pays de locataires. Seules 36 % des résidences principales sont occupées par leurs propriétaires. Il s’agit d’un taux très bas par rapport aux autres pays d’Europe [1].

Valeur locative

Quiconque est propriétaire d’un bien immobilier qu’il utilise comme résidence principale ou secondaire doit aujourd’hui déclarer comme revenu à la Confédération, aux cantons et aux communes ce qu’on appelle la valeur locative. Les résidences secondaires sont surtout des logements de vacances. La valeur locative est calculée sur la base du montant qu’un propriétaire pourrait toucher en louant son bien ; pour une résidence principale, elle est toutefois inférieure aux loyers du marché.

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Déductions fiscales

En contrepartie, il est possible de faire valoir toute une série de déductions dans sa déclaration d’impôts, notamment pour les frais d’entretien et les intérêts passifs. Les intérêts passifs comprennent les intérêts hypothécaires, mais aussi d’autres intérêts sans rapport avec la propriété du logement (par exemple crédits à la consommation des locataires). Les propriétaires d’un logement à usage personnel profitent du système actuel si leurs déductions sont supérieures à la valeur locative.

Fort endettement hypothécaire

Comme les intérêts passifs peuvent être déduits des impôts, les ménages sont incités à s’endetter fortement sur une longue période. En 2023, l’endettement hypothécaire s’élevait à presque 1000 milliards de francs [2]. Ramené au produit intérieur brut, l’endettement hypothécaire des ménages suisses est très important en comparaison internationale [3].

La réforme Abolition de la valeur locative

En vertu de la loi fédérale relative au changement de système d’imposition de la propriété du logement [4], la valeur locative ne sera plus imposable. En contrepartie, la loi restreint les déductions fiscales. Par exemple, elle abolit la déduction des frais d’entretien de biens immobiliers dans le cadre des impôts fédéraux, cantonaux et communaux. De plus, les mesures d’économie de l’énergie et de protection de l’environnement ne sont plus déductibles de l’impôt fédéral direct.

Nouvelle règle concernant les intérêts passifs

Avec la modification législative, les intérêts passifs ne pourront être déduits que si le propriétaire loue ou afferme son bien immobilier. En outre, la déduction sera limitée à la part que représente le bien sur l’ensemble de la fortune. Une exception est prévue pour les contribuables qui achètent pour la première fois un logement en Suisse à titre de résidence principale : ces personnes pourront désormais déduire les intérêts passifs pendant dix ans, à concurrence d’un certain montant.

Impôt spécial sur les résidences secondaires

La nouvelle disposition constitutionnelle permet aux cantons d’instaurer un impôt spécial sur les résidences secondaires essentiellement à usage personnel. Ainsi, les cantons touristiques, davantage concernés par la réforme, pourront compenser les éventuelles baisses de recettes liées aux résidences secondaires. Cette disposition constitutionnelle laisse aux cantons une grande marge de manoeuvre dans la définition des modalités concrètes de l’impôt immobilier spécial et tient compte des différentes situations. De plus, les cantons peuvent habiliter les communes à percevoir cet impôt. Ce dernier peut être perçu séparément ou en tant que surtaxe sur un impôt immobilier existant.

Effets de la réforme

La réforme décidée par le Parlement a de nombreux effets sur les contribuables, sur les finances de la Confédération, des cantons et des communes et sur l’économie.

Pour les propriétaires d’un logement à usage personnel

La réforme touche surtout les personnes qui possèdent un bien immobilier et qui l’utilisent pour leur usage personnel. Les conséquences fiscales dépendent de nombreux facteurs : lieu de domicile, montant de la valeur locative, montant des déductions, autres éléments du revenu imposable et éventuelle perception de l’impôt immobilier spécial sur les résidences secondaires. Le niveau des taux hypothécaires joue aussi un rôle : avec la réforme, si les taux sont bas, les impôts baissent pour une majorité de propriétaires d’un logement à usage personnel ; en revanche, avec des taux élevés, la réforme conduit pour la plupart d’entre eux à une hausse des impôts, car les intérêts hypothécaires, plus élevés, ne pourront souvent plus être déduits [5].

Pour les autres personnes

Dans le droit en vigueur, toutes sortes d’intérêts passifs peuvent être déduits des impôts, y compris les intérêts des crédits à la consommation ou ceux des crédits privés. Par conséquent, tous les contribuables sont concernés par la réforme, même les locataires. Ces derniers ne pourront en principe plus déduire aucun intérêt passif. Dans l’ensemble, toutefois, les restrictions en lien avec la déduction des intérêts passifs affectent nettement moins les locataires que les propriétaires d’un logement à usage personnel, car les hypothèques représentent plus de 90 % des crédits contractés par les ménages privés6. Les bailleurs privés seront aussi touchés par la réforme, puisque le montant de la déduction des intérêts passifs dépendra à l’avenir de la composition du patrimoine dans son ensemble. De façon générale, ils pourront donc déduire moins d’intérêts passifs qu’aujourd’hui. Par ailleurs, ils ne pourront plus déduire, dans le cadre de l’impôt fédéral direct, les mesures visant à économiser l’énergie et à ménager l’environnement.

Pour la Confédération, les cantons et les communes

Les conséquences financières de la réforme pour les pouvoirs publics dépendent fortement des futurs taux hypothécaires. Pour la Confédération, les cantons et les communes, l’abolition de l’imposition de la valeur locative devrait se traduire par une baisse des recettes fiscales de quelques milliards de francs en cas de taux hypothécaires bas, et par des recettes supplémentaires du même ordre si les taux hypothécaires sont élevés. Avec les taux actuels [7], les baisses sont estimées à 1,8 milliard de francs environ. Sur ce montant, on estime à 260 millions la part imputable aux résidences secondaires. À partir d’un taux hypothécaire de 3 % environ, il faut en revanche s’attendre à une augmentation de l’ensemble des recettes publiques. Ces estimations sont cependant incertaines, car tous les éléments de la réforme ne sont pas mesurables en raison de données insuffisantes [8]. Il est impossible d’évaluer les recettes potentielles de l’impôt immobilier spécial sur les résidences secondaires : leur montant, le cas échéant, dépendra de la façon dont les cantons appliqueront cet impôt. Les effets de la réforme à plus long terme sur l’ensemble des recettes publiques dépendront aussi de la manière dont les ménages réagiront au nouveau contexte fiscal.

Pour le secteur de la construction

La réforme a également des conséquences pour l’économie. Avant l’entrée en vigueur, le secteur de la construction pourrait enregistrer davantage de commandes si les propriétaires d’un logement à usage personnel veulent profiter une dernière fois de la déduction des frais d’entretien. Après l’entrée en vigueur, il faudra tabler sur des baisses de commandes, surtout pour les aménagements de confort (par exemple rénovations moins fréquentes d’une cuisine ou d’une salle de bain). En revanche, les propriétaires d’un bien immobilier à usage personnel auront toujours intérêt à ce que leur bien ne perde pas de sa valeur. À long terme, ils continueront à investir pour maintenir en bon état leurs biens immobiliers à usage personnel.

Pour le système financier

Pour les instituts financiers, la création de valeur en lien avec les hypothèques et la gestion de fortune pourrait diminuer si les propriétaires d’un logement à usage personnel utilisaient leurs liquidités pour réduire leur hypothèque. Par ailleurs, il est possible que les ménages amortissent leurs dettes plus rapidement que dans le système actuel. Ainsi, les ménages et les banques seraient potentiellement moins exposés aux crises, ce qui renforcerait la stabilité financière à long terme.

[1] Relevé structurel de l’Office fédéral de la statistique (2023) ( ofs.admin.ch > Statistiques > Construction et logement > Logements > Conditions d’habitation > Locataires / propriétaires) et de l’Office fédéral du logement ( ofl.admin.ch > Marché du logement > Logements en propriété)

[2] Actifs financiers et passifs du secteur Ménages et instituts sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM), Banque nationale suisse ( data.snb.ch > Sections > Économie de la Suisse > Données > Comptes financiers)

[3] Mortgage finance across OECD countries (2021), figure 9, p. 19 ( ocde.org > Publications)

[4] FF 2025 23 ( admin.ch > Droit fédéral > Feuille fédérale)

[5] Effets de répartition d’une réforme de l’imposition du logement : effets de la décision du Parlement du 20 décembre 2024, note d’information du 29 avril 2025 de l’Administration fédérale des contributions ( estv.admin.ch > L’AFC > Politique fiscale > Études, rapports et documents de travail en matière de politique fiscale)

[6] Le patrimoine des ménages domiciliés en Suisse : concepts et comparaison internationale de l’évolution, Banque nationale suisse, ch. 2 ( data.snb.ch > Sections > Économie de la Suisse > Publications)

[7] À la date de bouclage des explications du Conseil fédéral, le taux hypothécaire était d’environ 1,5 %. Évolution du taux de référence et du taux d’intérêt moyen ( bwo.admin.ch > Droit du bail > Taux de référence > Évolution du taux de référence et du taux d’intérêt moyen)

[8] Actualisation de l’AFC sur les conséquences financières d’un changement de système d’imposition du logement (iv. pa. 17.400) ( estv.admin.ch > L’AFC > Politique fiscale > Dossiers de politique fiscale actuels > Imposition de la propriété du logement > Estimation actualisée de l’AFC)

Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En détail »

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Arrêté fédéral relatif à l’impôt immobilier cantonal sur les résidences secondaires

du 20 décembre 2024

L’Assemblée fédérale de la Confédération suisse,

vu le rapport de la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national du 25 juin 2024, vu l’avis du Conseil fédéral du 21 août 2024,

arrête:

I

La Constitution est modifiée comme suit:

Art. 127, al. 2 bis

2bis Lors de la perception de l’impôt immobilier sur les résidences secondaires essentiellement à usage personnel, les cantons peuvent déroger aux principes visés à l’al. 2 dans les limites prévues par la législation fédérale et pour autant que la valeur locative des résidences secondaires à usage personnel ne soit pas imposée par la Confédération et les cantons.

II

1 Le présent arrêté est soumis au vote du peuple et des cantons.

2 Le Conseil fédéral fixe la date de l’entrée en vigueur.

Conseil national, 20 décembre 2024

La présidente: Maja Riniker Le secrétaire: Pierre-Hervé Freléchoz

Conseil des États, 20 décembre 2024

Le président: Andrea Caroni La secrétaire: Martina Buol

Texte soumis au vote sur Fedlex (BBl 2025 17)

Source : Fedlex, BBl 2025 17 — texte officiel

Quel a été le résultat de la votation « Arrêté fédéral relatif à l’impôt immobilier cantonal sur les résidences secondaires » ?
Le 28.09.2025, « Arrêté fédéral relatif à l’impôt immobilier cantonal sur les résidences secondaires » a été accepté avec 1 579 379 oui contre 1 156 598 non. La participation était de 51,6%.
Comment les cantons ont-ils voté sur « Arrêté fédéral relatif à l’impôt immobilier cantonal sur les résidences secondaires » ?
Le oui le plus fort venait de Appenzell Rhodes-Intérieures (75,1%), le non le plus fort de Genève (33,9%).
« Arrêté fédéral relatif à l’impôt immobilier cantonal sur les résidences secondaires » a-t-il été accepté ?
« Arrêté fédéral relatif à l’impôt immobilier cantonal sur les résidences secondaires » a été accepté au niveau national le 28.09.2025.