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Votation populaire · 25.09.2022Objet fédéral

Initiative populaire «Non à l’élevage intensif en Suisse (initiative sur l’élevage intensif)»

Votations2022
37,1% OuiNon 62,9%
Votations
Rejeté
Oui
37,1% 1 062 703
Non
62,9% 1 799 088
Majorité des cantons
0.5 / 23
Participation
55,7%

Résultat pondéré par les bulletins sur 2 117 communes

Contexte

La loi suisse sur la protection des animaux est l’une des plus strictes au monde. La dignité et le bien-être des animaux sont protégés, indépendamment du nombre d’animaux détenus au même endroit. La Confédération encourage en outre les formes d’exploitation agricole particulièrement en accord avec la nature et respectueuses de l’environnement et des animaux, comme le prescrit la Constitution. De plus en plus d’animaux de rente sont hébergés de façon particulièrement respectueuse et ont régulièrement accès à l’extérieur.

L’initiative

L’initiative veut protéger dans la Constitution la dignité des animaux de rente tels que les bovins, la volaille ou les porcs. Elle entend également interdire l’élevage intensif, qui selon ses auteurs porte systématiquement atteinte au bienêtre des animaux. La Confédération devrait fixer des exigences minimales plus strictes pour un hébergement et des soins respectueux des animaux, l’accès à l’extérieur, l’abattage et la taille maximale des groupes par étable. Ces exigences devraient correspondre au moins au Cahier des charges 2018 de Bio Suisse et toutes les exploitations agricoles devraient les respecter pour ce qui est de l’élevage. Elles s’appliqueraient également à l’importation d’animaux, de produits animaux et de denrées alimentaires contenant des ingrédients d’origine animale, ce qui enfreindrait des accords conclus avec des partenaires commerciaux importants. Une telle situation entraînerait des coûts d’investissement et d’exploitation plus élevés, des contrôles laborieux dans les exploitations étrangères et un renchérissement des denrées alimentaires d’origine animale.

Question posée

Acceptez-vous l’initiative populaire « Non à l’élevage intensif en Suisse (initiative sur l’élevage intensif) » ?

Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref » · Page officielle

Résultat par commune

part du oui par commune
NonOuiAucun résultat
#CommunePart du ouiCanton
1Berne66,1%BE
2Zurich62,7%ZH
3Aranno59,9%TI
4Rodersdorf58,4%SO
5Bâle57,2%BS
6Bienne55,3%BE
7Gempen55,0%SO
8Bremgarten bei Bern54,5%BE
9Lucerne54,1%LU
10Soleure53,9%SO

Résultat par district

part du oui par district — les chiffres de district publiés par l’OFS ; les cantons sans districts restent neutres
NonOuiAucun résultat

Résultat par district

Résultats par district tels que publiés par l’OFS — top 10 oui / top 10 non

Comment les cantons ont voté

part du oui par commune

Cet objet exigeait la majorité du peuple ET celle des cantons. Six cantons comptent pour une demi-voix (art. 142 Cst.).

0.5 sur 23 cantons — Rejeté
NonOuiAucun résultat
#CantonPart du ouiParticipationCommunes
1Bâle-Ville55,2%59,9%3
2Genève47,3%55,7%45
3Zurich46,6%54,8%160
4Schaffhouse40,0%71,6%26
5Bâle-Campagne39,6%54,1%86
6Berne38,6%55,5%329
7Soleure37,5%53,4%104
8Glaris36,7%46,1%3
9Neuchâtel36,1%55,2%24
10Argovie35,5%52,1%196
11Grisons34,8%51,2%100
12Appenzell Rhodes-Extérieures34,5%58,3%20
13Tessin34,5%54,4%100
14Vaud34,5%60,5%300
15Saint-Gall33,5%54,0%75
16Zoug33,0%59,2%11
17Lucerne32,2%61,0%79
18Thurgovie31,1%56,0%80
19Jura27,6%56,4%51
20Fribourg27,1%56,9%119
21Nidwald26,8%57,3%11
22Uri25,1%53,0%19
23Schwytz25,1%58,9%30
24Valais23,9%53,0%122
25Obwald23,7%59,7%7
26Appenzell Rhodes-Intérieures21,6%55,4%5

Positions

Recommandations selon les explications

Recommandation du comité d’initiative

RecommandationOui

Pour le comité, la loi fédérale sur la protection des animaux a beau être souvent qualifiée d’exemplaire, les choses sont différentes dans le domaine de l’agriculture. L’initiative demande donc un hébergement et des soins respectueux des animaux, des sorties régulières en plein air, une réduction de la taille des groupes et des conditions d’abattage respectueuses des animaux.

elevage-intensif.ch

Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral

Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »

Recommandation du Conseil fédéral et du Parlement

RecommandationNon

Le Conseil fédéral et le Parlement rejettent l’initiative. Les animaux de rente sont déjà très bien protégés. De plus en plus d’animaux sont détenus de façon particulièrement respectueuse. L’interdiction d’importer des produits ne répondant pas aux normes bio dans l’élevage ne pourrait être mise en oeuvre qu’à grands frais. Le prix de nombreuses denrées alimentaires augmenterait.

admin.ch/initiative-elevage-intensif

Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral

Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »

Vote au Parlement

OuiNonAbstentions
Conseil national771068
Conseil des États8321

Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref ». Tel qu’indiqué dans les explications ; si leurs versions linguistiques divergent, le chiffre commun à au moins deux versions est retenu.

Les positions sont les résumés tirés des explications officielles du Conseil fédéral, repris mot pour mot, sans coupe ni appréciation de la part de ce site. Les arguments complets des deux camps figurent dans les explications en lien.

Contexte

La loi fédérale sur la protection des animaux

La réglementation suisse en matière de protection des animaux est l’une des plus strictes et détaillées au monde. La dignité et le bien-être de l’animal sont protégés par la loi. Personne ne doit de façon injustifiée causer à des animaux des douleurs, des maux ou des dommages, les mettre dans un état d’anxiété ou porter atteinte à leur dignité d’une autre manière. Maltraiter les animaux, les négliger ou les surmener inutilement est interdit et peut être sévèrement puni.

Afficher tout le texte

Le bien-être des animaux dans l’agriculture

La protection de l’animal doit être garantie dans l’agriculture, indépendamment du nombre d’animaux détenus au même endroit. La Constitution prescrit en outre que les agriculteurs bénéficient d’un soutien supplémentaire si leur production est particulièrement en accord avec la nature et respectueuse de l’environnement et des animaux. La Confédération encourage ainsi depuis plus de 25 ans la stabulation particulièrement respectueuse des animaux et les sorties régulières en plein air. En 2020, 62 % des animaux de rente étaient hébergés de façon particulièrement respectueuse, contre un peu moins de 46 % dix ans auparavant, et 78 % d’entre eux pouvaient sortir régulièrement en plein air, contre 72 % dix ans plus tôt [1].

Le nombre maximal d’animaux par exploitation

Pour les veaux à l’engrais, les porcs et la volaille, le droit fixe le nombre maximal d’animaux qui peuvent être détenus sur une exploitation (voir tableau). Ces dispositions servent toutefois avant tout à protéger l’environnement. Pour ce qui est de la protection des animaux, l’accent est mis sur l’animal en tant qu’individu, qu’il faut protéger indépendamment de la taille de l’exploitation.

Exigences de l’initiative

L’interdiction de l’élevage intensif

Le comité d’initiative veut faire inscrire dans la Constitution une disposition protégeant la dignité des animaux dans l’agriculture. L’élevage intensif doit être interdit. Dans l’initiative, il est défini comme suit : « élevage industriel visant à rendre la production de produits d’origine animale la plus efficace possible et portant systématiquement atteinte au bien-être des animaux ».

Des exigences minimales en matière d’élevage

Si l’initiative est acceptée, la Confédération sera tenue de fixer des exigences minimales plus strictes pour un hébergement et des soins respectueux des animaux, l’accès à l’extérieur, l’abattage et la taille maximale des groupes par étable. Le Cahier des charges 2018 de Bio Suisse fera alors office de norme minimale en la matière [2].

Des normes bio également pour les importations

Les exigences bio plus strictes en matière d’élevage s’appliqueraient également aux produits importés. Il ne serait dès lors plus possible d’importer les denrées alimentaires d’origine animale ne répondant pas à ces exigences. Cette interdiction ne toucherait pas uniquement les produits comme la viande, les oeufs, le fromage ou le lait, mais aussi les denrées alimentaires contenant des ingrédients d’origine animale telles que les pâtes aux oeufs, les produits de boulangerie ou le chocolat. La Confédération devrait mettre en place un système de contrôle des importations. Un tel contrôle serait très laborieux. À titre d’exemple, plus de 40 % des oeufs et de la viande de volaille viennent actuellement de l’étranger [3].

Des délais transitoires de 25 ans au plus

Le Parlement aurait trois ans pour édicter les dispositions en question. Les exploitations pourraient bénéficier de délais transitoires de 25 ans au plus, notamment pour prendre les mesures nécessaires en matière de construction.

Conséquences de l’initiative

Les répercussions sur les exploitations

L’initiative aurait des répercussions importantes sur les exploitations agricoles. Quelque 3300 exploitations devraient réduire leurs effectifs d’animaux ou augmenter leurs surfaces. L’élevage coûterait plus cher ; de nombreuses exploitations devraient procéder à des investissements importants. D’après des calculs effectués sur mandat de la Confédération, les coûts supplémentaires seraient de 0,4 à 1,1 milliard de francs par an [4].

Les répercussions sur les consommateurs

L’initiative aurait également des répercussions sur les consommateurs. Seules les denrées alimentaires, comme la viande, les oeufs, le fromage ou le lait, provenant d’élevages respectant les normes bio seraient disponibles ; il en irait de même pour les denrées alimentaires contenant des ingrédients d’origine animale. Le choix serait donc restreint. Compte tenu des exigences plus élevées, le prix des denrées alimentaires d’origine animale ou contenant des ingrédients d’origine animale devrait augmenter.

Les répercussions sur l’environnement

L’initiative pourrait entraîner une diminution des effectifs d’animaux et une augmentation des importations d’origine animale, ce qui réduirait les émissions d’ammoniac en Suisse, mais pas au niveau mondial. Présent dans les excréments des animaux, l’ammoniac est un polluant qui est rejeté dans l’atmosphère et nuit aux écosystèmes sensibles. Les émissions des gaz à effet de serre que sont le méthane et le gaz hilarant diminueraient également en Suisse. Pour maintenir leur production, les exploitations devraient investir dans de nouvelles constructions pour les animaux, ce qui nécessiterait davantage de surface agricole utile.

Les répercussions sur les accords internationaux

Interdire l’importation de produits qui ne répondent pas aux normes bio dans l’élevage enfreindrait des accords commerciaux internationaux conclus notamment avec l’Union européenne. De telles règles d’importation pourraient en outre entraîner des conflits avec l’Organisation mondiale du commerce et les États avec lesquels la Suisse a conclu des accords de libre-échange. Cette situation pourrait également avoir des conséquences sur les exportations suisses.

1 Il existe des différences en fonction des espèces animales : en 2020, 85 % des bovins, 51 % des porcs et 44 % de la volaille bénéficiaient de sorties régulières ; 60 % des bovins, 68 % des porcs et 94 % de la volaille étaient hébergés de façon particulièrement respectueuse. Ces chiffres ne sont pas calculés par animal, mais par unité de gros bétail. Voir Rapport agricole 2021 ( agrarbericht.ch/fr > Politique > Paiements directs > Contributions au système de production).

2 Cahier des charges 2018 de Bio Suisse ( iei.bio-suisse.ch > Directives bio 2018)

3 Rapport agricole 2021 ( agrarbericht.ch/fr > Marché > Développement du marché > Taux d’auto-approvisionnement)

4 Analyse d’impact de la réglementation, initiative sur l’élevage intensif et contre-projet direct ; rapport final du 27 avril 2021, de Quirin Oberpriller, Anna Vettori, Jürg Heldenstab et Thomas von Stokar (INFRAS) ( osav.admin.ch > L’OSAV > Bases légales et documents d’application > Votations > Initiative sur l’élevage intensif). Le document n’est disponible qu’en allemand.

Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En détail »

Le texte officiel est publié intégralement sur Fedlex.

Texte soumis au vote sur Fedlex (BBl 2022 700)

Source : Fedlex, BBl 2022 700 — texte officiel

Quel a été le résultat de la votation « Initiative populaire «Non à l’élevage intensif en Suisse (initiative sur l’élevage intensif)» » ?
Le 25.09.2022, « Initiative populaire «Non à l’élevage intensif en Suisse (initiative sur l’élevage intensif)» » a été rejeté avec 1 062 703 oui contre 1 799 088 non. La participation était de 55,7%.
Comment les cantons ont-ils voté sur « Initiative populaire «Non à l’élevage intensif en Suisse (initiative sur l’élevage intensif)» » ?
Le oui le plus fort venait de Bâle-Ville (55,2%), le non le plus fort de Appenzell Rhodes-Intérieures (21,6%).
« Initiative populaire «Non à l’élevage intensif en Suisse (initiative sur l’élevage intensif)» » a-t-il été accepté ?
« Initiative populaire «Non à l’élevage intensif en Suisse (initiative sur l’élevage intensif)» » a été rejeté au niveau national le 25.09.2022.