Initiative populaire «Davantage de logements abordables»
Votations2020Résultat pondéré par les bulletins sur 2 116 communes
Contexte
Jusqu’en 2015, principalement dans les zones urbaines, les logements libres se sont raréfiés. Jusqu’en 2016, les loyers ont aussi augmenté. Ces deux tendances étaient liées à la prospérité économique et à la forte croissance démographique.
Le projet
L’initiative demande à la Confédération et aux cantons de soutenir davantage l’offre de logements à loyer modéré. Elle impose qu’au moins 10% des nouveaux logements construits dans l’ensemble du pays appartiennent à des maîtres d’ouvrage d’utilité publique, lesquels sont le plus souvent des coopératives d’habitation. Pour favoriser la construction de ce type de logements, les cantons et les communes devraient pouvoir introduire un droit de préemption en leur faveur. Ils recevraient en outre un tel droit pour les biens-fonds appartenant à la Confédération ou aux entreprises qui lui sont liées. Enfin, l’initiative entend empêcher que des subventions visant les assainissements énergétiques n’aboutissent à des projets luxueux et à une augmentation disproportionnée des loyers. Le Conseil fédéral et le Parlement ont rejeté l’initiative. Le Parlement a cependant décidé d’allouer un nouveau crédit au fonds de roulement qui octroie des prêts en faveur de la construction de logements d’utilité publique. Le fonds ne sera toutefois réalimenté que si l’initiative est rejetée.
Acceptez-vous l’initiative populaire «Davantage de logements abordables»?
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref » · Page officielle
Résultat par commune
part du oui par communeRésultat par commune
Top 10Résultat par district
part du oui par district — les chiffres de district publiés par l’OFS ; les cantons sans districts restent neutresRésultat par district
Résultats par district tels que publiés par l’OFS — top 10 oui / top 10 non| # | District | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | District de Lausanne | 69,5% | VD |
| 2 | District de l'Ouest lausannois | 63,7% | VD |
| 3 | Bezirk Zürich | 62,9% | ZH |
| 4 | District de Moutier | 61,8% | JU |
| 5 | Wahlkreis Luzern-Stadt | 56,4% | LU |
| 6 | District des Franches-Montagnes | 55,7% | JU |
| 7 | District de Delémont | 55,5% | JU |
| 8 | District de la Sarine | 54,5% | FR |
| 9 | District de la Riviera-Pays-d'Enhaut | 52,7% | VD |
| 10 | District du Jura-Nord vaudois | 51,9% | VD |
Comment les cantons ont voté
part du oui par communeCet objet exigeait la majorité du peuple ET celle des cantons. Six cantons comptent pour une demi-voix (art. 142 Cst.).
| # | Canton | Part du oui | Participation | Communes |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Bâle-Ville | 60,2% | 55,4% | 3 |
| 2 | Genève | 60,1% | 49,0% | 45 |
| 3 | Neuchâtel | 56,2% | 41,5% | 24 |
| 4 | Jura | 53,8% | 42,4% | 51 |
| 5 | Vaud | 53,2% | 46,8% | 300 |
| 6 | Fribourg | 46,9% | 37,6% | 119 |
| 7 | Zurich | 46,5% | 45,1% | 160 |
| 8 | Schaffhouse | 45,7% | 65,3% | 26 |
| 9 | Tessin | 44,6% | 40,0% | 100 |
| 10 | Berne | 41,6% | 39,4% | 328 |
| 11 | Bâle-Campagne | 41,4% | 42,2% | 86 |
| 12 | Lucerne | 37,6% | 39,2% | 79 |
| 13 | Saint-Gall | 36,5% | 38,7% | 75 |
| 14 | Soleure | 35,2% | 37,9% | 104 |
| 15 | Argovie | 34,7% | 38,5% | 196 |
| 16 | Zoug | 34,4% | 45,3% | 11 |
| 17 | Valais | 32,9% | 44,6% | 122 |
| 18 | Appenzell Rhodes-Extérieures | 32,5% | 40,2% | 20 |
| 19 | Grisons | 32,5% | 35,6% | 100 |
| 20 | Glaris | 32,4% | 33,6% | 3 |
| 21 | Thurgovie | 32,1% | 38,2% | 80 |
| 22 | Uri | 30,8% | 30,6% | 19 |
| 23 | Nidwald | 27,7% | 40,4% | 11 |
| 24 | Schwytz | 27,6% | 42,8% | 30 |
| 25 | Obwald | 27,3% | 44,6% | 7 |
| 26 | Appenzell Rhodes-Intérieures | 24,0% | 34,9% | 5 |
Positions
Recommandations selon les explicationsRecommandation du comité d’initiative
RecommandationOui
Le comité d’initiative estime que les logements abordables sont trop rares en Suisse. Selon lui, les loyers augmentent parce que les propriétaires immobiliers visent des rendements toujours plus élevés. L’initiative exige que davantage de logements appartiennent à des maîtres d’ouvrage d’utilité publique puisque ceux-ci ne cherchent pas à réaliser de profit.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Recommandation du Conseil fédéral et du Parlement
RecommandationNon
Pour le Conseil fédéral et le Parlement, l’offre de logements locatifs à des prix abordables est clairement suffisante. La Constitution garantit déjà l’encouragement de la construction de logements d’utilité publique, sans quota rigide. La politique actuelle d’aide au logement a fait ses preuves. La mise en oeuvre de l’initiative engendrerait des coûts disproportionnés.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Vote au Parlement
| Oui | Non | Abstentions | |
|---|---|---|---|
| Conseil national | 56 | 140 | 0 |
| Conseil des États | 13 | 30 | 1 |
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref ». Tel qu’indiqué dans les explications ; si leurs versions linguistiques divergent, le chiffre commun à au moins deux versions est retenu.
Les positions sont les résumés tirés des explications officielles du Conseil fédéral, repris mot pour mot, sans coupe ni appréciation de la part de ce site. Les arguments complets des deux camps figurent dans les explications en lien.
Contexte
L’initiative a été déposée en 2016, dans une période où l’offre de logements en location s’était réduite dans certaines régions du pays et où une partie des loyers avaient fortement augmenté. Cette situation était due à la prospérité économique et à la forte croissance démographique. Les nouvelles constructions, dans l’ensemble du pays, n’étaient alors pas suffisantes pour combler ce manque. De 2007 à 2012, la part de logements vacants a diminué. Ce n’est qu’après que, d’année en année, les nouvelles constructions ont permis defaire remonter la part de logements vacants (1).
Offre de logements en location depuis 2016
Le marché des logements en location, dans son ensemble, a retrouvé un équilibre en 2016, c’est-à-dire que l’offre équivalait plus ou moins à la demande. Depuis, l’offre est légèrement excédentaire et le nombre de logements vacants continue d’augmenter.
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Évolution des loyers
De 2008 à 2016, les loyers moyens ont augmenté (2), même si le taux d’intérêt de référence déterminant pour l’adaptation des loyers a fortement chuté (3). Depuis 2016, les prix moyens pour les nouveaux logements et les logements remis sur le marché sont en baisse. Le marché des appartements les moins chers a lui aussi presque retrouvé un équilibre.
La situation varie selon les régions
La situation varie fortement d’une région à l’autre. Dans certaines villes, agglomérations et zones touristiques, les prix ont beaucoup plus augmenté que dans les régions rurales. Il peut ainsi rester difficile de trouver un appartement correspondant à ses possibilités financières, surtout dans les régions urbaines.
Ce qu’exige l’initiative
Part minimale
L’initiative vise à augmenter le nombre de logements à loyer modéré. Elle accorde un rôle important aux maîtres d’ouvrage d’utilité publique, lesquels sont le plus souvent des coopératives d’habitation. Elle demande que leur part de marché progresse régulièrement. La Confédération, en collaboration avec les cantons, devra veiller à ce que, dans l’ensemble du pays, au moins 10% des nouveaux logements soient construits par des maîtres d’ouvrage d’utilité publique.
Droit de préemption
L’augmentation de la part de logements détenus par des maîtres d’ouvrage d’utilité publique doit aussi être favorisée par des droits de préemption conférés aux cantons et aux communes. L’initiative exige que ces collectivités puissent introduire de tels droits pour acquérir des biens-fonds stratégiques et favoriser ainsi la construction de logements d’utilité publique. Elles recevraient en outre d’office un droit de préemption pour les biens-fonds appartenant à la Confédération ou aux entreprises qui lui sont liées.
Maintien des logements à loyer modéré
L’initiative vise aussi à maintenir les logements à loyer modéré existants. Les assainissements subventionnés par les pouvoirs publics ne doivent pas entraîner la disparition de ces logements. Les subventions fédérales et cantonales pour des rénovations énergétiques ne devront dès lors être octroyées que si les assainissements n’aboutissent pas à des logements luxueux et que les locataires peuvent conserver leur bail.
Coûts de l’initiative
Les coûts nécessaires pour atteindre l’objectif de 10% de logements d’utilité publique ont été estimés dans le message du Conseil fédéral. S’il devait être atteint avec les mêmes mesures d’encouragement qu’aujourd’hui, cela nécessiterait cinq fois plus de prêts qu’il n’en a été octroyé en moyenne ces dernières années, soit environ 120 millions de francs par année (4).
Politique actuelle de la Confédération
Conformément à la Constitution, la Confédération soutient déjà la construction de logements d’utilité publique, et cela de deux manières. D’une part, elle cautionne les emprunts de la Centrale d’émission pour la construction de logements d’utilité publique, ce qui permet un financement avantageux de logements et assure des loyers modérés (5). D’autre part, elle exploite un fonds de roulement qui octroie aux maîtres d’ouvrage d’utilité publique des prêts remboursables rapportant des intérêts (6). Depuis 2003, ce fonds a permis de construire ou de rénover chaque année environ 1500 logements à loyer modéré.
Réalimentation du fonds de roulement
Sur proposition du Conseil fédéral, le Parlement a décidé de réalimenter le fonds de roulement de 250 millions de francs pour une période de dix ans (7). Cette mesure doit permettre de maintenir à environ 4% la part que représente aujourd’hui le logement d’utilité publique dans l’ensemble du pays. Le fonds ne sera toutefois réalimenté que si l’initiative est rejetée.
(1) La part de logements vacants est calculée par l’Office fédéral de la statistique (OFS) et exprimée par le « taux de logements vacants ». De 2007 à 2012, cette part est passée de 1,07% à 0,95%. Le 1er juin 2019, le taux de logements vacants s’élevait à 1,66%. (bfs.admin.ch > Trouver des statistiques > Construction et logement > Logements > Logements vacants).
(2) L’Office fédéral du logement établit les principaux indicateurs du marché du logement, notamment l’évolution des prix des logements locatifs (ofl.admin.ch > Marché du logement > Offre de logements fondée sur l’économie de marché > Aperçu du marché du logement > Indicateurs de prix et de quantité > Evolution des prix : logements locatifs).
(3) De 2008 à 2016, le taux d’intérêt de référence est passé de 3,5% à 1,75%. Il est fondé sur le taux hypothécaire moyen des banques en Suisse. Lorsqu’il varie, les locataires peuvent demander à leur propriétaire que leur loyer soit adapté (tauxdereference.admin.ch).
(4) Message du 21 mars 2018 relatif à l’initiative populaire « Davantage de logements abordables » et à un crédit-cadre destiné à alimenter le fonds de roulement en faveur de la construction de logements d’utilité publique ; FF 2018 2253 2266 (admin.ch > Droit fédéral > Feuille fédérale)
(5) La Centrale d’émission pour la construction de logements est une coopérative portée par les associations faîtières des maîtres d’ouvrage d’utilité publique. Elle se procure directement sur le marché des capitaux l’argent nécessaire aux prêts qu’elle accorde à ses membres.
(6) Les amortissements retournent au fonds et permettent de financer de nouveaux prêts, d’où l’expression « fonds de roulement ».
(7) Message du 21 mars 2018 relatif à l’initiative populaire « Davantage de logements abordables » et à un crédit-cadre destiné à alimenter le fonds de roulement en faveur de la construction de logements d’utilité publique ; FF 2018 2253 2274 (admin.ch > Droit fédéral > Feuille fédérale)
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En détail »
- Quel a été le résultat de la votation « Initiative populaire «Davantage de logements abordables» » ?
- Le 09.02.2020, « Initiative populaire «Davantage de logements abordables» » a été rejeté avec 963 740 oui contre 1 280 331 non. La participation était de 41,4%.
- Comment les cantons ont-ils voté sur « Initiative populaire «Davantage de logements abordables» » ?
- Le oui le plus fort venait de Bâle-Ville (60,2%), le non le plus fort de Appenzell Rhodes-Intérieures (24,0%).
- « Initiative populaire «Davantage de logements abordables» » a-t-il été accepté ?
- « Initiative populaire «Davantage de logements abordables» » a été rejeté au niveau national le 09.02.2020.