Code pénal et code pénal militaire (Discrimination et incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle)
Votations2020Résultat pondéré par les bulletins sur 2 116 communes
Contexte
Le code pénal protège les citoyens contre différentes formes de discrimination. Est ainsi punissable quiconque abaisse publiquement une personne ou un groupe de personnes, par des propos ou par des actes, en raison de l’appartenance raciale, ethnique ou religieuse. Le Parlement a décidé d’améliorer cette protection et d’élargir le champ d’application de la norme antiracisme : sera également punissable toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. Le référendum a été lancé contre ce projet.
Le projet
Avec l’élargissement proposé du champ d’application de la norme pénale, les personnes qui subissent une discrimination en raison de leur homosexualité, hétérosexualité ou bisexualité seront elles aussi protégées. Seront ainsi interdits les propos et actes publics portant atteinte à la dignité humaine qui visent une personne ou un groupe de personnes, et créent un climat de haine qui compromet le vivre-ensemble pacifique. Sera par ailleurs punissable quiconque refuse à une personne, au motif de son orientation sexuelle, une prestation destinée à l’usage public. La norme pénale ne s’appliquera toutefois pas aux propos ou actes qui prennent place dans le cadre familial ou entre amis. Les débats publics raisonnés ne seront pas non plus concernés par cette norme et resteront possibles.
Acceptez-vous la modification du 14 décembre 2018 du code pénal et du code pénal militaire (Discrimination et incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle) ?
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref » · Page officielle
Résultat par commune
part du oui par communeRésultat par commune
Top 10Résultat par district
part du oui par district — les chiffres de district publiés par l’OFS ; les cantons sans districts restent neutresRésultat par district
Résultats par district tels que publiés par l’OFS — top 10 oui / top 10 non| # | District | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | District de Lausanne | 85,3% | VD |
| 2 | District de la Riviera-Pays-d'Enhaut | 81,0% | VD |
| 3 | District de Lavaux-Oron | 80,8% | VD |
| 4 | District de l'Ouest lausannois | 80,5% | VD |
| 5 | District de Morges | 80,3% | VD |
| 6 | District de Nyon | 79,9% | VD |
| 7 | District du Gros-de-Vaud | 77,2% | VD |
| 8 | District du Jura-Nord vaudois | 77,2% | VD |
| 9 | Bezirk Zürich | 76,7% | ZH |
| 10 | District d'Aigle | 76,3% | VD |
| # | Canton | Part du oui | Participation | Communes |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Vaud | 80,2% | 46,8% | 300 |
| 2 | Genève | 76,3% | 49,0% | 45 |
| 3 | Neuchâtel | 73,7% | 41,5% | 24 |
| 4 | Jura | 73,3% | 42,4% | 51 |
| 5 | Bâle-Ville | 71,9% | 55,4% | 3 |
| 6 | Fribourg | 68,4% | 37,5% | 119 |
| 7 | Tessin | 66,8% | 40,0% | 100 |
| 8 | Zurich | 63,5% | 45,2% | 160 |
| 9 | Valais | 62,7% | 44,6% | 122 |
| 10 | Bâle-Campagne | 60,5% | 42,3% | 86 |
| 11 | Lucerne | 59,6% | 39,2% | 79 |
| 12 | Berne | 59,5% | 39,4% | 328 |
| 13 | Zoug | 58,7% | 45,3% | 11 |
| 14 | Soleure | 58,7% | 37,8% | 104 |
| 15 | Grisons | 58,6% | 35,6% | 100 |
| 16 | Argovie | 56,4% | 38,5% | 196 |
| 17 | Schaffhouse | 55,2% | 65,5% | 26 |
| 18 | Saint-Gall | 55,2% | 38,7% | 75 |
| 19 | Thurgovie | 51,5% | 38,1% | 80 |
| 20 | Nidwald | 51,3% | 40,5% | 11 |
| 21 | Glaris | 51,3% | 33,6% | 3 |
| 22 | Appenzell Rhodes-Extérieures | 51,2% | 40,4% | 20 |
| 23 | Obwald | 50,8% | 44,6% | 7 |
| 24 | Uri | 48,9% | 30,7% | 19 |
| 25 | Schwytz | 48,3% | 42,8% | 30 |
| 26 | Appenzell Rhodes-Intérieures | 45,9% | 35,0% | 5 |
Positions
Recommandations selon les explicationsRecommandation du Conseil fédéral et du Parlement
RecommandationOui
Nul ne doit être discriminé en raison de son homosexualité, de son hétérosexualité ou de sa bisexualité : ce principe fait partie des droits fondamentaux garantis par la Constitution fédérale. Pour le Conseil fédéral et le Parlement, l’élargissement du champ d’application de la norme pénale renforce la protection contre la discrimination sans violer la liberté d’expression.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Recommandation du comité référendaire
RecommandationNon
Selon le comité, on nous vend comme norme anti-discrimination une loi qui impose en réalité une censure. Cette loi menace la liberté d’opinion et de conscience et la liberté de commerce. En outre elle est inutile : quiconque insulte ou rabaisse publiquement une personne est en effet déjà sanctionné pénalement aujourd’hui.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Vote au Parlement
| Oui | Non | Abstentions | |
|---|---|---|---|
| Conseil national | 121 | 67 | 8 |
| Conseil des États | 30 | 12 | 1 |
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref ». Tel qu’indiqué dans les explications ; si leurs versions linguistiques divergent, le chiffre commun à au moins deux versions est retenu.
Les positions sont les résumés tirés des explications officielles du Conseil fédéral, repris mot pour mot, sans coupe ni appréciation de la part de ce site. Les arguments complets des deux camps figurent dans les explications en lien.
Réglementation actuelle
Le code pénal et le code pénal militaire contiennent actuellement une disposition qui protège contre la discrimination et l’incitation à la haine fondées sur l’appartenance raciale, ethnique ou religieuse (1). Quiconque viole cette disposition est passible d’une peine privative de liberté pouvant aller jusqu’à trois ans ou d’une peine pécuniaire. Cette norme antiracisme a été acceptée par le peuple lors de la votation organisée suite à un référendum (2) ; elle est en vigueur depuis le 1er janvier 1995.
Élargissement à l’orientation sexuelle
Il arrive régulièrement que des personnes soient agressées physiquement ou verbalement en public en raison de leur orientation sexuelle. Aussi le Parlement a-t-il décidé de renforcer la norme pénale actuelle et de l’étendre à la protection contre la discrimination en raison de l’orientation sexuelle. Par « orientation sexuelle », on entend l’attirance qu’une personne éprouve envers des individus de sexe opposé (hétérosexualité), de même sexe (homosexualité) ou des deux sexes (bisexualité). Ce terme ne couvre pas l’identité de genre ni les préférences ou les pratiques sexuelles.
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Conditions de la punissabilité
Un comportement discriminatoire n’est punissable que dans des conditions déterminées. Ces conditions s’appliqueront également à la discrimination en raison de l’orientation sexuelle.
Caractère public
Un comportement discriminatoire n’est punissable que s’il a lieu en public. Les propos tenus dans le cadre familial ou entre amis, par exemple à la table d’un café, ne sont pas interdits.
Intention
Un comportement discriminatoire n’est punissable que s’il y a intention, c’est-à-dire si l’auteur agit délibérément ou même précisément dans le dessein de blesser une personne.
Atteinte à la dignité humaine
Un comportement discriminatoire n’est punissable que s’il porte atteinte à la dignité humaine. C’est le cas lorsqu’on dénie des droits à une personne, ou lorsqu’une personne est qualifiée d’inférieure ou traitée comme telle.
Actes punissables
Outre les comportements dégradants, d’autres actes ciblant des personnes en raison de leur orientation sexuelle tels que des actes de propagande ou des appels à la haine seront punissables. De plus, nul ne pourra refuser à une personne, au motif de son orientation sexuelle, une prestation destinée à l’usage public. Les restaurants, par exemple, ne pourront pas refuser des clients parce qu’ils sont homosexuels. Les hôtels, les entreprises de transport, les écoles, les bibliothèques, les cinémas ou les piscines ne pourront pas non plus refuser l’accès d’un usager à leurs services en raison de son orientation sexuelle. Peu importe que le comportement discriminatoire s’exerce par la parole ou par l’écriture, par des mots, des images ou des gestes.
Propos provocateurs et plaisanteries
Même si la discrimination publique en raison de l’orientation sexuelle est interdite, il restera possible d’exprimer des opinions critiques. On pourra continuer de mener des débats d’opinion, comme actuellement sur le « mariage pour tous », par exemple. On pourra également continuer d’exprimer des convictions religieuses et d’exposer des points de vue divergents. Pour autant qu’elles ne portent pas atteinte à la dignité humaine, les remarques provocatrices, les caricatures et les plaisanteries ne sont pas discriminatoires et ne seront pas sanctionnées en vertu de la norme pénale élargie.
Protection d’un groupe entier
Aujourd’hui, une personne n’est protégée contre un comportement discriminatoire que de manière indirecte, c’est-à-dire uniquement lorsque ce comportement viole d’autres articles de loi (ceux relatifs au délit contre l’honneur ou aux lésions corporelles, par ex.). De plus, cette protection ne vaut actuellement que pour les individus : le groupe lui-même (les homosexuels, par ex.) n’est pas protégé. L’élargissement de la norme pénale améliorera cette protection.
Une discrimination déjà punissable dans d’autres pays
La discrimination fondée sur l’orientation sexuelle est déjà sanctionnée pénalement dans plusieurs pays européens. Le Conseil de l’Europe et l’ONU recommandent à la Suisse de renforcer la protection contre cette forme de discrimination.
(1) Art. 261bis du code pénal, RS 311.0 ; art. 171c, al. 1, du code pénal militaire, RS 321.0 (admin.ch > Droit fédéral > Recueil systématique)
(2) La modification du code pénal et du code pénal militaire a été acceptée lors de la votation populaire du 25 septembre 1994 à une majorité de 54,6 % ; FF 1994 V 521 (admin.ch > Droit fédéral > Feuille fédérale).
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En détail »
- Quel a été le résultat de la votation « Code pénal et code pénal militaire (Discrimination et incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle) » ?
- Le 09.02.2020, « Code pénal et code pénal militaire (Discrimination et incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle) » a été accepté avec 1 414 160 oui contre 827 235 non. La participation était de 41,4%.
- Comment les cantons ont-ils voté sur « Code pénal et code pénal militaire (Discrimination et incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle) » ?
- Le oui le plus fort venait de Vaud (80,2%), le non le plus fort de Appenzell Rhodes-Intérieures (45,9%).
- « Code pénal et code pénal militaire (Discrimination et incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle) » a-t-il été accepté ?
- « Code pénal et code pénal militaire (Discrimination et incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle) » a été accepté au niveau national le 09.02.2020.