Modification de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) (Base légale pour la surveillance des assurés)
Votations2018Résultat pondéré par les bulletins sur 2 116 communes
Contexte
Nos assurances sociales nous protègent de la précarité. Elles sont coordonnées entre elles et jouissent de la confiance de la population. Elles ont l’obligation d’établir précisément qui a droit à leurs prestations. Dans un petit nombre de cas, cette vérification ne peut se faire qu’au moyen d’observations secrètes. C’est le cas en particulier pour l’assurance-invalidité (AI) et pour l’assurance-accidents.
Le projet
Les nouveaux articles introduits dans la loi fixent des règles destinées à prévenir l’arbitraire et à protéger les droits des personnes concernées. Les assurances ne pourront observer secrètement une personne que si elles disposent d’indices concrets de perception indue de prestations et que le recours à d’autres moyens pour établir le droit aux prestations n’aurait aucune chance d’aboutir ou serait excessivement difficile. Seront autorisés les enregistrements visuels et sonores si la personne qui fait l’objet d’une surveillance se trouve dans un lieu où elle peut être observée librement – dans une rue, dans un magasin ou sur un balcon, par exemple. Les observations dans un salon ou une chambre à coucher ne seront pas autorisées. Il sera interdit de réaliser des enregistrements au moyen de drones ou de microphones directionnels ou d’effectuer des écoutes clandestines. Les appareils de géolocalisation ne pourront être utilisés qu’à des conditions strictes et uniquement sur autorisation d’un juge. Toute personne qui a été observée devra en être informée et pourra se défendre en justice.
Acceptez-vous la modification du 16 mars 2018 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) (Base légale pour la surveillance des assurés) ?
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref » · Page officielle
Résultat par commune
part du oui par communeRésultat par commune
Top 10| # | Commune | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | Zwischbergen | 91,7% | VS |
| 2 | Buseno | 90,6% | GR |
| 3 | Schlierbach | 87,4% | LU |
| 4 | Teuffenthal | 85,9% | BE |
| 5 | Rain | 85,4% | LU |
| 6 | Isone | 85,3% | TI |
| 7 | Zielebach | 85,1% | BE |
| 8 | Bleienbach | 84,1% | BE |
| 9 | Doppleschwand | 83,9% | LU |
| 10 | Schwende-Rüte | 83,9% | AI |
Résultat par district
part du oui par district — les chiffres de district publiés par l’OFS ; les cantons sans districts restent neutresRésultat par district
Résultats par district tels que publiés par l’OFS — top 10 oui / top 10 non| # | District | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | Wahlkreis Rheintal | 78,7% | SG |
| 2 | Wahlkreis Entlebuch | 78,2% | LU |
| 3 | Bezirk Küssnacht (SZ) | 77,9% | SZ |
| 4 | Bezirk Gäu | 77,4% | SO |
| 5 | Wahlkreis Sursee | 77,3% | LU |
| 6 | Bezirk Höfe | 77,2% | SZ |
| 7 | Wahlkreis Toggenburg | 77,2% | SG |
| 8 | Bezirk Schwyz | 77,0% | SZ |
| 9 | Wahlkreis Rorschach | 76,9% | SG |
| 10 | Wahlkreis Hochdorf | 76,9% | LU |
| # | Canton | Part du oui | Participation | Communes |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Appenzell Rhodes-Intérieures | 81,2% | 48,1% | 5 |
| 2 | Nidwald | 78,0% | 53,2% | 11 |
| 3 | Obwald | 76,8% | 54,3% | 7 |
| 4 | Schwytz | 76,4% | 52,7% | 30 |
| 5 | Saint-Gall | 74,8% | 49,3% | 75 |
| 6 | Zoug | 74,6% | 53,8% | 11 |
| 7 | Lucerne | 73,3% | 52,5% | 79 |
| 8 | Appenzell Rhodes-Extérieures | 73,1% | 53,0% | 20 |
| 9 | Thurgovie | 72,9% | 49,5% | 80 |
| 10 | Uri | 72,8% | 47,8% | 19 |
| 11 | Glaris | 71,7% | 44,2% | 3 |
| 12 | Argovie | 70,6% | 47,1% | 196 |
| 13 | Tessin | 70,1% | 47,3% | 100 |
| 14 | Grisons | 69,8% | 47,6% | 100 |
| 15 | Soleure | 69,7% | 48,6% | 104 |
| 16 | Bâle-Campagne | 68,0% | 48,8% | 86 |
| 17 | Schaffhouse | 66,5% | 69,9% | 26 |
| 18 | Berne | 65,2% | 47,9% | 328 |
| 19 | Zurich | 64,3% | 52,6% | 160 |
| 20 | Fribourg | 60,0% | 45,3% | 119 |
| 21 | Valais | 59,8% | 55,7% | 122 |
| 22 | Bâle-Ville | 52,0% | 60,8% | 3 |
| 23 | Neuchâtel | 51,9% | 45,8% | 24 |
| 24 | Vaud | 51,7% | 49,3% | 300 |
| 25 | Jura | 48,5% | 44,8% | 51 |
| 26 | Genève | 41,4% | 48,9% | 45 |
Positions
Recommandations selon les explicationsRecommandation du Conseil fédéral et du Parlement
RecommandationOui
Les assurances sociales soutiennent de manière ciblée les personnes qui dépendent de leurs prestations. Il peut arriver qu’elles doivent observer secrètement l’assuré pour établir de manière certaine s’il a droit à des prestations. Les articles sur l’observation des assurés fixent les limites nécessaires et pro tè gent les droits des personnes concernées.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Recommandation du comité référendaire
RecommandationNon
Pour le comité référendaire, les articles sur l’observation des assurés vont trop loin : les assurances reçoivent un chèque en blanc pour la mise en place de surveillances arbitraires, elles sont autorisées à violer massivement la vie privée des assurés et échappent à tout contrôle. Les moyens techniques nécessaires pourront être utilisés quasiment sans restriction.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Vote au Parlement
| Oui | Non | Abstentions | |
|---|---|---|---|
| Conseil national | 141 | 51 | 0 |
| Conseil des États | 29 | 10 | 3 |
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref ». Tel qu’indiqué dans les explications ; si leurs versions linguistiques divergent, le chiffre commun à au moins deux versions est retenu.
Les positions sont les résumés tirés des explications officielles du Conseil fédéral, repris mot pour mot, sans coupe ni appréciation de la part de ce site. Les arguments complets des deux camps figurent dans les explications en lien.
Contexte
Nos assurances sociales fonctionnent bien. Dans la grande majorité des cas, il est possible de déterminer, au moyen d’entretiens et de documents tels que des rapports médicaux, si une personne a droit à une prestation. Dans quelques cas, cependant, cela est impossible. Il faut alors mettre en place, en dernier recours, une observation secrète. Le présent projet crée la base légale qui permet aux assurances sociales de recourir à cette mesure, mais il fixe aussi les limites nécessaires. Les assurés doivent en effet être protégés contre toute observation arbitraire et disproportionnée.
Dans quels cas un assuré pourra-t-il être observé ?
Une observation ne pourra être ordonnée que s’il existe des indices concrets de perception indue de prestations d’assurance et que les faits ne peuvent être instruits par d’autres moyens ou ne peuvent l’être qu’au prix de moyens disproportionnés.
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Quelle forme prendra cette observation ?
Le recours à des enregistrements visuels et sonores sera autorisé. Les appareils de géolocalisation tels que les traceurs GPS pourront être utilisés s’il n’existe aucun autre moyen de déterminer où la personne concernée se trouve. Ces appareils ne pourront toutefois être utilisés qu’avec l’autorisation du tribunal compétent.
Où l’observation aura-t-elle lieu ?
Un enregistrement visuel ou sonore ne pourra être réalisé que si la personne observée se trouve dans un lieu accessible au public tel qu’une rue ou un magasin. Cette personne pourra également être observée si elle se trouve dans un lieu librement visible depuis un lieu accessible au public (comme un balcon). L’usage de moyens auxiliaires tels qu’une échelle, un drone ou un microphone directionnel sera proscrit, conformément à la volonté du Parlement et du Conseil fédéral. L’intérieur d’un appartement ou d’une maison – buanderie, cage d’escalier ou chambre à coucher par exemple – ne pourra faire l’objet d’aucune surveillance. Le Tribunal fédéral a affirmé en effet que ces espaces faisaient partie de la sphère privée (1).
Combien de temps durera-t-elle ?
L’observation pourra s’étendre sur six mois au maximum, voire sur une année entière si la situation le justifie. Pendant cette durée, l’assuré ne pourra pas être observé pendant plus de 30 jours au total.
Qui pourra l’ordonner ?
Les observations ne seront effectuées que sur décision d’une personne occupant une fonction de direction au sein de l’institution d’assurance (membre de la direction par exemple). Cela permettra d’éviter qu’elles ne soient ordonnées à la légère.
Quels seront les droits des per-sonnes observées ?
Dans un souci de transparence, la personne concernée sera informée systématiquement, après coup, qu’elle a fait l’objet d’une observation. Les assurances devront réaliser les observations dans le respect de la procédure et motiver leur décision. Toute personne qui a été observée aura ainsi la possibilité de contester la légalité de cette mesure devant le juge, ce qui peut être fondamental si le versement d’une prestation, par exemple d’une rente, est en jeu. Si les soupçons de l’assurance ne sont pas confirmés, tout le matériel recueilli lors de l’observation devra être détruit. La personne concernée pourra cependant demander à ce que ce matériel soit conservé dans son dossier comme élément à décharge.
Le recours à l’observation est rare
L’assurance-invalidité (AI) et l’assurance-accidents ont déjà fait usage des mesures d’observation. Entre 2009 et 2016, l’AI a ouvert une enquête sur quelque 2000 soupçons d’abus par an en moyenne, dont 220 environ ont donné lieu à une observation 2. Pendant la même période, la CNA a traité quelque 400 cas par an en moyenne, pour lesquels une douzaine de personnes ont été observées 3. Les observations ont confirmé les soupçons de fraude dans environ un cas sur deux pour l’AI, et dans environ deux cas sur trois pour la CNA.
Aucune observation n’est effectuée actuellement
Aucune observation n’est effectuée actuellement. En octobre 2016, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que l’assurance-accidents n’avait pas le droit d’observer les assurés, faute de base légale suffisante. En juillet 2017, le Tribunal fédéral a considéré qu’il n’existait pas non plus de base légale suffisante pour l’AI. À la suite de ces arrêts, les deux assurances ont suspendu les observations.
Que se passera-t-il en cas de non ?
Si le projet de loi est refusé, les assurances sociales ne seront plus autorisées à observer les assurés.
(1) Arrêt 8C_829/2011 du 9 mars 2012, consid. 8.4.
(2) Fiche d’information AI : La lutte contre les abus dans l’AI (chiffres 2017). Cette fiche peut être consultée sous ofas.admin.ch > Assurances sociales > Assurance-invalidité AI > Informations de base & législation > La lutte contre les abus dans l’AI.
(3) Les chiffres de la CNA relatifs à la fraude à l’assurance peuvent être consultés sous suva.ch > La Suva > Lutte contre la fraude à l’assurance.
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En détail »
- Quel a été le résultat de la votation « Modification de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) (Base légale pour la surveillance des assurés) » ?
- Le 25.11.2018, « Modification de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) (Base légale pour la surveillance des assurés) » a été accepté avec 1 667 849 oui contre 909 172 non. La participation était de 49,3%.
- Comment les cantons ont-ils voté sur « Modification de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) (Base légale pour la surveillance des assurés) » ?
- Le oui le plus fort venait de Appenzell Rhodes-Intérieures (81,2%), le non le plus fort de Genève (41,4%).
- « Modification de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) (Base légale pour la surveillance des assurés) » a-t-il été accepté ?
- « Modification de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) (Base légale pour la surveillance des assurés) » a été accepté au niveau national le 25.11.2018.