Loi fédérale sur les bases légales des ordonnances du Conseil fédéral visant à surmonter l’épidémie de COVID-19 (loi COVID-19)
Votations2021Résultat pondéré par les bulletins sur 2 117 communes
Contexte
La pandémie de COVID-19 a atteint la Suisse en février 2020. Le nombre de personnes gravement malades augmentant rapidement, le Conseil fédéral a pris des mesures pour protéger la population et soutenir les personnes et les entreprises qui subissaient les conséquences économiques de la pandémie. Le gouvernement devait agir vite. Étant donné que la loi sur les épidémies ne contenait pas de base légale pour toutes les mesures, il a aussi recouru au droit de nécessité, comme le permet la Constitution dans une telle situation de crise. La validité du droit de nécessité étant limitée dans le temps, le Conseil fédéral et le Parlement ont élaboré la loi COVID-19 pour prolonger les mesures. Le Parlement l’a adoptée en septembre 2020 et l’a déclarée urgente pour qu’elle entre en vigueur immédiatement.
Objet soumisau vote
La loi COVID-19 donne au Conseil fédéral des compétences supplémentaires pour lutter contre la pandémie et, surtout, pour en atténuer les conséquences sur la société et l’économie. Elle contient des mesures que le Conseil fédéral et le Parlement jugent encore nécessaires pour surmonter la pandémie et la crise économique. Elle permet en particulier de soutenir les personnes et les entreprises au moyen de différentes aides financières, essentiellement par les indemnités en cas de réduction de l’horaire de travail, les allocations pour perte de gain, des aides pour les cas de rigueur et des mesures de soutien à la culture et au sport. La validité de la loi est limitée dans le temps. Une demande de référendum ayant abouti, la loi est soumise au vote.
Acceptez-vous la loi fédérale du 25 septembre 2020 sur les bases légales des ordonnances du Conseil fédéral visant à surmonter l’épidémie de COVID-19 (loi COVID-19) ?
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref » · Page officielle
Résultat par commune
part du oui par communeRésultat par commune
Top 10| # | Commune | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | Bosco/Gurin | 82,6% | TI |
| 2 | Vinzel | 80,3% | VD |
| 3 | Denges | 80,1% | VD |
| 4 | Chigny | 79,7% | VD |
| 5 | Berne | 79,6% | BE |
| 6 | Ennetbaden | 79,2% | AG |
| 7 | Bogis-Bossey | 79,2% | VD |
| 8 | Cheseaux-Noréaz | 79,0% | VD |
| 9 | Duillier | 78,3% | VD |
| 10 | Coppet | 78,1% | VD |
Résultat par district
part du oui par district — les chiffres de district publiés par l’OFS ; les cantons sans districts restent neutresRésultat par district
Résultats par district tels que publiés par l’OFS — top 10 oui / top 10 non| # | District | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | District de Lausanne | 75,5% | VD |
| 2 | Bezirk Zürich | 75,3% | ZH |
| 3 | Bezirk Solothurn | 72,7% | SO |
| 4 | District de l'Ouest lausannois | 72,1% | VD |
| 5 | District de Lavaux-Oron | 72,1% | VD |
| 6 | District de Nyon | 72,0% | VD |
| 7 | Distretto di Riviera | 71,5% | TI |
| 8 | Wahlkreis Luzern-Stadt | 71,2% | LU |
| 9 | Distretto di Mendrisio | 70,9% | TI |
| 10 | District de Morges | 70,8% | VD |
| # | Canton | Part du oui | Participation | Communes |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Vaud | 70,2% | 68,4% | 300 |
| 2 | Genève | 69,3% | 60,4% | 45 |
| 3 | Tessin | 69,2% | 51,7% | 100 |
| 4 | Bâle-Ville | 69,1% | 64,4% | 3 |
| 5 | Neuchâtel | 66,6% | 62,4% | 24 |
| 6 | Zurich | 64,4% | 64,4% | 160 |
| 7 | Berne | 60,1% | 66,3% | 329 |
| 8 | Fribourg | 59,9% | 67,2% | 119 |
| 9 | Jura | 59,5% | 62,8% | 51 |
| 10 | Soleure | 59,1% | 62,5% | 104 |
| 11 | Bâle-Campagne | 58,7% | 63,9% | 86 |
| 12 | Argovie | 58,0% | 62,4% | 196 |
| 13 | Zoug | 57,7% | 69,0% | 11 |
| 14 | Schaffhouse | 57,6% | 77,4% | 26 |
| 15 | Grisons | 57,6% | 62,5% | 100 |
| 16 | Lucerne | 57,4% | 71,2% | 79 |
| 17 | Valais | 56,9% | 64,7% | 122 |
| 18 | Saint-Gall | 51,0% | 63,0% | 75 |
| 19 | Thurgovie | 49,9% | 66,0% | 80 |
| 20 | Glaris | 49,1% | 59,7% | 3 |
| 21 | Nidwald | 48,6% | 69,1% | 11 |
| 22 | Appenzell Rhodes-Extérieures | 47,0% | 69,1% | 20 |
| 23 | Uri | 45,1% | 67,5% | 19 |
| 24 | Obwald | 43,3% | 72,1% | 7 |
| 25 | Schwytz | 40,9% | 71,0% | 30 |
| 26 | Appenzell Rhodes-Intérieures | 39,2% | 69,0% | 5 |
Positions
Recommandations selon les explicationsRecommandationdu Conseil fédéralet du Parlement
RecommandationOui
Pour le Conseil fédéral et le Parlement, la loi est nécessaire pour surmonter la plus grave crise que nous ayons connue depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle permet de soutenir financièrement des centaines de milliers de personnes et d’entreprises qui sont dans une situation de détresse, et donc d’atténuer les souffrances et de préserver emplois et salaires.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Recommandation du comité référendaire
RecommandationNon
Pour le comité, la loi a été élaborée dans la précipitation et mise en vigueur en contournant le peuple. Il lui reconnaît des éléments positifs, mais y voit des éléments dommageables tels que les subventions aux médias. Selon lui, le Conseil fédéral peut aider autrement les personnes lésées par les mesures de lutte contre la pandémie.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Vote au Parlement
| Oui | Non | Abstentions | |
|---|---|---|---|
| Conseil national | 153 | 36 | 6 |
| Conseil des États | 44 | 0 | 0 |
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref ». Tel qu’indiqué dans les explications ; si leurs versions linguistiques divergent, le chiffre commun à au moins deux versions est retenu.
Les positions sont les résumés tirés des explications officielles du Conseil fédéral, repris mot pour mot, sans coupe ni appréciation de la part de ce site. Les arguments complets des deux camps figurent dans les explications en lien.
Contexte
Au printemps 2020, le nombre de personnes hospitalisées en raison du COVID-19 augmentait rapidement. Le Conseil fédéral devait agir vite. Il a donc pris des mesures pour protéger la population d’une infection et prévenir une surcharge des hôpitaux, en se fondant sur la loi sur les épidémies, mais aussi décidé de prestations de soutien aux personnes et aux entreprises qui souffraient des conséquences économiques de la pandémie. Comme la loi sur les épidémies ne prévoit pas de telles prestations, il s’est appuyé directement sur la Constitution [1]. Celle-ci l’autorise en effet à prendre des mesures de droit de nécessité en cas de danger imminent.
Loi limitée dans le temps au lieu de droit de nécessité
Le droit de nécessité de ce type est toujours limité à six mois. Si les mesures prises directement sur la base de la Constitution doivent durer plus longtemps, le Conseil fédéral est tenu de soumettre un projet de loi au Parlement dans ce délai. C’est ce qu’il a fait avec la loi COVID-19. Le Parlement l’a adoptée en septembre 2020 et l’a déclarée urgente pour qu’elle entre en vigueur immédiatement. La validité de la loi est elle aussi limitée dans le temps : la quasi-totalité de ses dispositions ont effet uniquement jusqu’à la fin de l’année 2021.
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Vaste soutien d’ordre financier
Le Conseil fédéral a pris de vastes mesures depuis le début de la pandémie afin d’en atténuer les conséquences économiques pour les personnes et les entreprises [2]. La loi COVID-19 constitue ainsi la base légale des mesures énumérées ci-après.
Extension des indemnités en cas de RHT
L’instrument de la réduction de l’horaire de travail (RHT) permet de prévenir des licenciements lors de crises, et donc de préserver les emplois. Lorsqu’il est activé, l’assurance-chômage prend à sa charge, pour un temps, une partie des coûts salariaux à la place de l’employeur. Grâce à la loi COVID-19, davantage de travailleurs ont droit aux indemnités en cas de RHT, par exemple les personnes qui ont un contrat de travail à durée déterminée ou les apprentis. De plus, la loi garantit temporairement aux personnes dont le revenu mensuel ne dépasse pas 3470 francs de toucher l’intégralité de leur salaire au lieu d’une indemnité à hauteur de 80 %. Elle a également réduit les formalités administratives de manière à soutenir rapidement et simplement les employeurs. En 2020, la Confédération a dépensé près de 11 milliards de francs pour ces indemnités [3].
Allocations pour perte de gain
De nombreux salariés et indépendants qui sont touchés de manière directe ou indirecte par les mesures visant à réduire la propagation du virus bénéficient des nouvelles allocations pour perte de gain, par exemple si leur entreprise doit fermer ou si leur manifestation est interdite. D’autres personnes ont aussi droit à ces allocations, par exemple celles qui doivent arrêter de travailler parce qu’elles sont vulnérables, parce qu’elles doivent se mettre en quarantaine ou parce que la garde de leurs enfants par des tiers n’est plus assurée. En 2020, la Confédération a dépensé 2,2 milliards de francs pour ces allocations [4].
Participation aux aides cantonales pour les cas de rigueur
La Confédération participe aux aides cantonales pour les cas de rigueur destinées aux entreprises qui souffrent très fortement des mesures prises pour lutter contre la pandémie, par exemple les restaurants, les hôtels, les agences de voyage ou le secteur de l’événementiel. La Confédération et les cantons ont adopté des crédits de plusieurs milliards de francs à cet effet.
Soutien à la culture, au sport et aux médias
Les domaines de la culture et du sport sont très fortement touchés par l’interdiction des manifestations. La loi règle le soutien apporté aux entreprises culturelles, aux acteurs culturels et aux associations d’amateurs actifs dans le domaine de la culture, de même qu’aux clubs des ligues professionnelles et semi-professionnelles de football, de hockey sur glace, de basketball, de volleyball, de handball et d’unihockey. La presse et les médias électroniques bénéficient également d’un soutien. Depuis le début de la crise, la Confédération a adopté des crédits de plus de 800 millions de francs à cet effet [5].
Garantie des capacités sanitaires
La loi COVID-19 règle la manière dont le Conseil fédéral peut garantir pendant la pandémie que la population dispose en suffisance de biens médicaux et de prestations médicales importants. Le Conseil fédéral peut par exemple prévoir des dérogations à l’autorisation de mise sur le marché de médicaments importants. Lors de l’examen de la loi au Parlement, il a cependant déclaré qu’il n’y en aurait pas pour les vaccins contre le COVID-19. Les vaccins ne sont autorisés à être mis sur le marché qu’une fois que la preuve de leur sécurité, de leur efficacité et de leur haute qualité a été apportée. Par ailleurs, la loi COVID-19 permet à la Confédération de prendre en charge les coûts des tests de dépistage.
Protection des travailleurs et autres mesures
La loi COVID-19 autorise le Conseil fédéral à prendre encore d’autres mesures, par exemple pour protéger les travailleurs vulnérables. Elle détermine au surplus comment les sociétés anonymes et les associations peuvent tenir légalement leurs assemblées malgré l’interdiction de rassemblement.
Extension des mesures
Au cours de la pandémie, des aides financières supplé-mentaires se sont révélées nécessaires. C’est pourquoi le Parlement a adopté le 18 décembre 2020 des modifications de la loi COVID-19, en les mettant en vigueur immédiatement. Si la lutte contre la pandémie ou la maîtrise de la crise l’exigent, le Conseil fédéral et le Parlement peuvent décider de nouvelles modifications de la loi ou prolonger la durée de validité de certaines dispositions [6].
Que se passera-t-il en cas de rejet de la loi ?
En cas de rejet, la Constitution prévoit que la loi cesse de produire effet un an après son adoption par le Parlement, soit le 25 septembre 2021 [7]. Les prestations de soutien énumérées ci-dessus n’auront alors plus de base légale. Pour les maintenir, le Conseil fédéral et le Parlement devraient en créer une nouvelle. Dire non à la loi n’empêchera le Conseil fédéral ni de continuer à prendre des mesures fondées sur la loi sur les épidémies pour lutter contre la propagation du virus, telles que la fermeture des magasins ou des restaurants ou l’interdiction des manifestations, ni de continuer à acheter et distribuer des vaccins.
[1] Art. 185 de la Constitution
[2] aff.ch > Actualité > L’actualité de l’AFF > Covid-19 : répercussions sur les finances fédérales
[3] Au bouclage des présentes Explications, le Parlement devait traiter une proposition du Conseil fédéral visant à ouvrir un crédit supplémentaire de 6 milliards de francs pour l’année 2021.
[4] Au bouclage des présentes Explications, 3,1 milliards de francs supplémentaires étaient prévus.
[5] Au bouclage des présentes Explications, 350 millions pour les clubs des ligues professionnelles et semi-professionnelles, 410 millions pour la culture et 78 millions pour les médias. Les montants adoptés sont distribués en fonction des besoins effectifs.
[6] Au bouclage des présentes Explications, de nouvelles modifications de la loi se profilaient.
[7] Art. 165 de la Constitution
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En détail »
- Quel a été le résultat de la votation « Loi fédérale sur les bases légales des ordonnances du Conseil fédéral visant à surmonter l’épidémie de COVID-19 (loi COVID-19) » ?
- Le 13.06.2021, « Loi fédérale sur les bases légales des ordonnances du Conseil fédéral visant à surmonter l’épidémie de COVID-19 (loi COVID-19) » a été accepté avec 1 936 344 oui contre 1 280 128 non. La participation était de 64,8%.
- Comment les cantons ont-ils voté sur « Loi fédérale sur les bases légales des ordonnances du Conseil fédéral visant à surmonter l’épidémie de COVID-19 (loi COVID-19) » ?
- Le oui le plus fort venait de Vaud (70,2%), le non le plus fort de Appenzell Rhodes-Intérieures (39,2%).
- « Loi fédérale sur les bases légales des ordonnances du Conseil fédéral visant à surmonter l’épidémie de COVID-19 (loi COVID-19) » a-t-il été accepté ?
- « Loi fédérale sur les bases légales des ordonnances du Conseil fédéral visant à surmonter l’épidémie de COVID-19 (loi COVID-19) » a été accepté au niveau national le 13.06.2021.