Initiative populaire «Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique»
Votations2021Résultat pondéré par les bulletins sur 2 117 communes
Contexte
Pour recevoir des paiements directs de la Confédération, les agriculteurs doivent respecter une série d’exigences environnementales, appelées prestations écologiques requises, qui concernent notamment la protection des végétaux, la fertilisation des sols, l’élevage et la biodiversité. Le comité d’initiative est d’avis que ces exigences ne vont pas assez loin et que les paiements directs servent à soutenir une agriculture qui nuit à l’environnement et à l’eau potable.
L’initiative
L’initiative veut améliorer la protection de l’environnement et de l’eau potable. Elle prévoit que les paiements directs ne seront versés plus qu’aux conditions suivantes : les exploitations agricoles devront produire en se passant de pesticides, bannir l’utilisation préventive ou régulière d’antibiotiques dans l’élevage et être en mesure de nourrir leurs animaux exclusivement avec le fourrage qu’elles produisent elles-mêmes. Elle veut ainsi éviter qu’il y ait trop de fumier et de lisier. La recherche, la vulgarisation et la formation agricoles devront elles aussi s’aligner sur ces objectifs. L’initiative pourrait provoquer une baisse de la production en Suisse. En pareil cas, il faudrait importer davantage de denrées alimentaires pour garantir l’approvisionnement de la population suisse. Enfin, si l’initiative est acceptée, elle n’aura aucune conséquence pour les exploitations agricoles qui ne reçoivent pas de paiements directs.
Acceptez-vous l’initiative populaire « Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique » ?
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref » · Page officielle
Résultat par commune
part du oui par communeRésultat par commune
Top 10| # | Commune | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | Berne | 68,0% | BE |
| 2 | Zurich | 65,3% | ZH |
| 3 | Bâle | 60,9% | BS |
| 4 | Bremgarten bei Bern | 59,7% | BE |
| 5 | Trogen | 58,7% | AR |
| 6 | Bienne | 58,5% | BE |
| 7 | Rodersdorf | 57,9% | SO |
| 8 | Olten | 57,9% | SO |
| 9 | Flurlingen | 57,5% | ZH |
| 10 | Ennetbaden | 57,5% | AG |
Résultat par district
part du oui par district — les chiffres de district publiés par l’OFS ; les cantons sans districts restent neutresRésultat par district
Résultats par district tels que publiés par l’OFS — top 10 oui / top 10 non| # | District | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | Bezirk Zürich | 65,3% | ZH |
| 2 | Bezirk Solothurn | 56,4% | SO |
| 3 | Wahlkreis Luzern-Stadt | 55,8% | LU |
| 4 | Verwaltungskreis Biel/Bienne | 50,3% | BE |
| 5 | Verwaltungskreis Bern-Mittelland | 50,0% | BE |
| 6 | Bezirk Winterthur | 49,8% | ZH |
| 7 | Bezirk Schaffhausen | 49,1% | SH |
| 8 | District de Lausanne | 47,9% | VD |
| 9 | Bezirk Uster | 46,7% | ZH |
| 10 | Bezirk Mittelland | 46,2% | AR |
Comment les cantons ont voté
part du oui par communeCet objet exigeait la majorité du peuple ET celle des cantons. Six cantons comptent pour une demi-voix (art. 142 Cst.).
| # | Canton | Part du oui | Participation | Communes |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Bâle-Ville | 58,8% | 64,4% | 3 |
| 2 | Zurich | 49,3% | 64,6% | 160 |
| 3 | Genève | 46,9% | 60,4% | 45 |
| 4 | Schaffhouse | 44,2% | 77,6% | 26 |
| 5 | Bâle-Campagne | 41,5% | 64,2% | 86 |
| 6 | Glaris | 40,7% | 59,8% | 3 |
| 7 | Berne | 40,4% | 66,3% | 329 |
| 8 | Soleure | 40,3% | 62,7% | 104 |
| 9 | Appenzell Rhodes-Extérieures | 39,1% | 69,2% | 20 |
| 10 | Zoug | 38,7% | 69,1% | 11 |
| 11 | Neuchâtel | 38,6% | 62,6% | 24 |
| 12 | Argovie | 38,2% | 62,7% | 196 |
| 13 | Grisons | 37,8% | 63,4% | 100 |
| 14 | Tessin | 37,8% | 51,8% | 100 |
| 15 | Saint-Gall | 37,5% | 63,3% | 75 |
| 16 | Lucerne | 34,2% | 71,5% | 79 |
| 17 | Thurgovie | 34,0% | 66,3% | 80 |
| 18 | Vaud | 34,0% | 68,5% | 300 |
| 19 | Fribourg | 31,2% | 67,7% | 119 |
| 20 | Jura | 31,1% | 63,1% | 51 |
| 21 | Schwytz | 29,2% | 71,1% | 30 |
| 22 | Nidwald | 29,2% | 69,3% | 11 |
| 23 | Obwald | 27,8% | 72,2% | 7 |
| 24 | Uri | 27,4% | 67,7% | 19 |
| 25 | Appenzell Rhodes-Intérieures | 26,0% | 69,4% | 5 |
| 26 | Valais | 21,7% | 64,8% | 122 |
Positions
Recommandations selon les explicationsRecommandationdu comité d’initiative
RecommandationOui
Pour le comité, la politique agricole viole le droit à une eau potable propre, menacée par l’usage massif de pesticides, l’utilisation exagérée d’antibiotiques et l’épandage excessif de lisier. Selon lui, il faut réorienter les subventions, car ces dommages écologiques et ces risques pour la santé sont financés par nos impôts.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Recommandationdu Conseil fédéralet du Parlement
RecommandationNon
Pour le Conseil fédéral et le Parlement, l’initiative va trop loin. Si elle est acceptée, beaucoup d’exploitations agricoles produiront moins de denrées alimentaires. Il faudra en importer davantage, ce qui reviendra à déplacer le problème de la pollution à l’étranger. Le Parlement a du reste déjà pris en compte la principale demande de l’initiative.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Vote au Parlement
| Oui | Non | Abstentions | |
|---|---|---|---|
| Conseil national | 81 | 107 | 7 |
| Conseil des États | 9 | 31 | 4 |
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref ». Tel qu’indiqué dans les explications ; si leurs versions linguistiques divergent, le chiffre commun à au moins deux versions est retenu.
Les positions sont les résumés tirés des explications officielles du Conseil fédéral, repris mot pour mot, sans coupe ni appréciation de la part de ce site. Les arguments complets des deux camps figurent dans les explications en lien.
Les deux initiatives concernent des thèmes similaires. Leurs principaux aspects sont présentés dans le tableau ci-après.
Contexte
Pour recevoir des paiements directs de la Confédération, les agriculteurs doivent respecter une série d’exigences environnementales que l’on connaît sous le nom de prestations écologiques requises. En vigueur depuis 1999, ces exigences n’ont cessé d’évoluer depuis lors. Aujourd’hui, elles concernent notamment la biodiversité, la protection des végétaux, la fertilisation des sols et l’élevage. Elles sont insuffisantes aux yeux du comité d’initiative, qui estime qu’elles ne protègent pas assez l’environnement et l’eau potable.
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Ce que demande l’initiative
L’initiative demande que les exigences écologiques qui conditionnent le versement des paiements directs soient durcies pour que la protection de l’environnement et de l’eau potable soit renforcée. Elle veut que les paiements directs ne soient versés qu’aux exploitations agricoles qui préservent la biodiversité, qui produisent sans recourir aux pesticides et sans utiliser d’antibiotiques à titre préventif ou régulier dans l’élevage, et qui sont en mesure de nourrir leurs animaux avec le fourrage qu’elles produisent elles-mêmes. Enfin, la recherche, la vulgarisation et la formation agricoles devront aussi s’aligner sur cet objectif.
Préservation de la biodiversité
La biodiversité désigne la pluralité des espèces animales et végétales ainsi que de leurs habitats naturels. Les exploitations recevant des paiements directs doivent cultiver un pourcentage minimal de leurs terres sous forme de surfaces de promotion de la biodiversité. De surcroît, la Confédération encourage les surfaces de promotion de la biodiversité et leur qualité en versant des contributions spécifiques. L’initiative demande que l’on inscrive dans la Constitution fédérale la préservation de la biodiversité comme condition au versement de paiements directs.
Production sans pesticides
Pour être homologués, les pesticides (produits phytosanitaires et biocides) doivent passer une procédure d’autorisation rigoureuse. En outre, les exploitations qui reçoivent des paiements directs sont soumises à des restrictions supplémentaires si elles utilisent des produits phytosanitaires. Par ailleurs, la Confédération encourage les exploitations à utiliser moins de produits phytosanitaires en leur versant des paiements directs spécifiques. L’initiative veut que les exploitations qui reçoivent des paiements directs renoncent complètement aux pesticides, notamment à des substances homologuées en agriculture biologique, comme les composés à base de cuivre utilisés dans la lutte contre les champignons.
Pas d’antibiotiques à titre préventif
Dans l’élevage, on utilise parfois des antibiotiques pour éviter que les animaux ne tombent malades. Ce sont les vétérinaires qui décident de cette utilisation préventive. La Confédération soutient avec des paiements directs les formes d’élevage particulièrement respectueuses des animaux qui promeuvent le bien-être et la santé de ces derniers. Dans le cadre de la Stratégie Antibiorésistance Suisse [1], on a déjà pris des mesures pour réduire l’utilisation des antibiotiques. L’initiative demande que les exploitations agricoles soient privées de paiements directs si elles utilisent des antibiotiques à titre préventif dans l’élevage, ou si leurs méthodes d’élevage nécessitent l’administration régulière d’antibiotiques.
Moins d’animaux donc moins d’engrais
Des restrictions existent déjà pour éviter que les engrais surfertilisent les sols et polluent les eaux. Les exploitations qui reçoivent des paiements directs n’ont le droit d’épandre que les quantités d’engrais dont leurs cultures ont besoin, que ce soit sous forme d’engrais de synthèse, de fumier ou de lisier, un dépassement de 10 % au plus étant admis. Si elles élèvent trop d’animaux, au point de produire trop de fumier ou de lisier, elles doivent céder les quantités excédentaires à des exploitations ayant moins d’animaux. L’initiative veut réduire les quantités d’engrais en limitant le nombre d’animaux par exploitation : les exploitations ayant droit aux paiements directs ne seront autorisées à posséder que le nombre d’animaux qu’elles pourront nourrir avec leur propre fourrage afin que l’environnement ne soit pas pollué par trop de fumier ou de lisier.
Recherche, vulgarisation, investissements
Actuellement, la Confédération soutient l’agriculture dans ses efforts pour produire de façon rationnelle et durable grâce à la recherche, à la vulgarisation et à des aides à l’investissement. L’initiative ne veut désormais autoriser ce soutien que s’il est axé sur une production agricole répondant aux exigences qu’elle fixe. La formation agricole devra aussi respecter ces exigences. L’initiative ne concerne pas les activités de vulgarisation et de formation relevant de la compétence des cantons.
Conséquences de l’initiative
Une étude d’Agroscope, centre de compétence de la Confédération pour la recherche agronomique, indique que la production agricole en Suisse est susceptible de diminuer si l’initiative est acceptée, ce qui réduira certes la pollution de l’environnement en Suisse, mais qui la fera augmenter à l’étranger, car il faudra importer davantage de denrées alimentaires qu’aujourd’hui pour assurer l’approvisionnement de la population suisse [2]. Une autre étude d'Agroscope relève que les exploitations agricoles suisses réagiront différemment en cas de oui à l’initiative : une grande partie d’entre elles utiliseront des méthodes plus écologiques et réduiront leur production, alors que d’autres auront peut-être intérêt à renoncer aux paiements directs. Ces dernières, soumises à moins d’exigences environnementales, pourront utiliser encore plus de pesticides et d’antibiotiques et élever davantage d’animaux [3].
[1] star.admin.ch
[2] Maria Bystricky, Thomas Nemecek, Simone Krause, Gérard Gaillard (2020) : Potenzielle Umweltfolgen einer Umsetzung der Trinkwasserinitiative, Agroscope Science | No 99 ( agroscope.ch > Actualité > Dossiers > Analyse d’impact de l’initiative sur l’eau potable [résumé en français, intitulé « Impacts potentiels sur l’environnement de la mise en oeuvre de l’initiative pour une eau potable propre », dans le texte en allemand])
[3] Alena Schmidt, Gabriele Mack, Anke Möhring, Stefan Mann, Nadja El Benni (2019) : Analyse d’impact relative à l’initiative pour une eau potable propre : effets économiques et structurels dans l’agriculture, Agroscope Science | No 83 ( agroscope.ch > Actualité > Dossiers > Analyse d’impact de l’initiative sur l’eau potable)
[1] Initiative parlementaire 19.475 « Réduire le risque de l’utilisation de pesticides » ( parlement.ch > 19.475)
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En détail »
Texte soumis au vote
BBl 2020 7635Le texte officiel est publié intégralement sur Fedlex.
Texte soumis au vote sur Fedlex (BBl 2020 7635)
Source : Fedlex, BBl 2020 7635 — texte officiel
- Quel a été le résultat de la votation « Initiative populaire «Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique» » ?
- Le 13.06.2021, « Initiative populaire «Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique» » a été rejeté avec 1 276 117 oui contre 1 970 332 non. La participation était de 65,0%.
- Comment les cantons ont-ils voté sur « Initiative populaire «Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique» » ?
- Le oui le plus fort venait de Bâle-Ville (58,8%), le non le plus fort de Valais (21,7%).
- « Initiative populaire «Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique» » a-t-il été accepté ?
- « Initiative populaire «Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique» » a été rejeté au niveau national le 13.06.2021.