Initiative populaire «Pour une immigration modérée (initiative de limitation)»
Votations2020Résultat pondéré par les bulletins sur 2 116 communes
Contexte
La libre circulation des personnes est le régime qui s’applique entre la Suisse et les pays membres de l’Union européenne (UE). Ce régime permet aux citoyens de l’UE de vivre, de travailler et d’étudier en Suisse à certaines conditions, et aux citoyens suisses d’en faire autant dans un État de l’UE. L’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) forme un tout avec six autres accords bilatéraux négociés avec l’UE (Bilatérales I). Grâce à ces accords, les entreprises suisses ont un accès direct au marché européen. Si l’ALCP est dénoncé, les six autres accords cesseront automatiquement d’être en vigueur (clause guillotine). En raison de la crise du coronavirus, la libre circulation des personnes a été temporairement restreinte.
L’initiative
L’initiative veut mettre un terme à la libre circulation des personnes avec l’UE. Si elle est acceptée, le Conseil fédéral devra mettre fin à l’ALCP dans les douze mois en menant des négociations avec l’UE. S’il n’y parvient pas, il devra dénoncer unilatéralement l’ALCP dans un délai supplémentaire de 30 jours. Dans ce cas, la clause guillotine s’appliquera, et les six autres accords des Bilatérales I s’éteindront automatiquement. L’initiative interdit par ailleurs à la Suisse de contracter de nouvelles obligations de droit international qui accorderaient un régime de libre circulation des personnes à des ressortissants étrangers.
Acceptez-vous l’initiative populaire « Pour une immigration modérée (initiative de limitation) » ?
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref » · Page officielle
Résultat par commune
part du oui par communeRésultat par commune
Top 10| # | Commune | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | Unteriberg | 84,2% | SZ |
| 2 | Alpthal | 83,6% | SZ |
| 3 | Reisiswil | 82,7% | BE |
| 4 | Wachseldorn | 82,1% | BE |
| 5 | Zwischbergen | 81,6% | VS |
| 6 | Ederswiler | 79,3% | JU |
| 7 | Vorderthal | 78,7% | SZ |
| 8 | Teuffenthal | 78,5% | BE |
| 9 | Schangnau | 78,3% | BE |
| 10 | Lütschental | 76,8% | BE |
Résultat par district
part du oui par district — les chiffres de district publiés par l’OFS ; les cantons sans districts restent neutresRésultat par district
Résultats par district tels que publiés par l’OFS — top 10 oui / top 10 non| # | District | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | Region Moesa | 61,5% | GR |
| 2 | Distretto di Riviera | 59,4% | TI |
| 3 | Distretto di Blenio | 58,9% | TI |
| 4 | Verwaltungskreis Obersimmental-Saanen | 57,3% | BE |
| 5 | Wahlkreis Entlebuch | 57,3% | LU |
| 6 | Distretto di Leventina | 57,3% | TI |
| 7 | Bezirk Schwyz | 57,0% | SZ |
| 8 | Bezirk Unterklettgau | 56,7% | SH |
| 9 | Bezirk Schleitheim | 56,0% | SH |
| 10 | Bezirk Kulm | 55,6% | AG |
Comment les cantons ont voté
part du oui par communeCet objet exigeait la majorité du peuple ET celle des cantons. Six cantons comptent pour une demi-voix (art. 142 Cst.).
| # | Canton | Part du oui | Participation | Communes |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Appenzell Rhodes-Intérieures | 54,3% | 58,8% | 5 |
| 2 | Schwytz | 53,4% | 64,6% | 30 |
| 3 | Tessin | 53,1% | 62,8% | 100 |
| 4 | Glaris | 50,5% | 55,1% | 3 |
| 5 | Uri | 49,6% | 63,1% | 19 |
| 6 | Obwald | 49,1% | 68,2% | 7 |
| 7 | Nidwald | 47,6% | 65,5% | 11 |
| 8 | Thurgovie | 44,3% | 60,3% | 80 |
| 9 | Appenzell Rhodes-Extérieures | 43,6% | 65,2% | 20 |
| 10 | Schaffhouse | 43,4% | 74,3% | 26 |
| 11 | Saint-Gall | 43,3% | 61,9% | 75 |
| 12 | Argovie | 42,4% | 58,8% | 196 |
| 13 | Soleure | 41,5% | 59,3% | 104 |
| 14 | Grisons | 40,9% | 64,2% | 100 |
| 15 | Lucerne | 40,2% | 63,6% | 79 |
| 16 | Zoug | 39,6% | 65,6% | 11 |
| 17 | Berne | 38,7% | 60,8% | 328 |
| 18 | Bâle-Campagne | 38,6% | 59,2% | 86 |
| 19 | Valais | 37,9% | 70,1% | 122 |
| 20 | Fribourg | 35,4% | 61,8% | 119 |
| 21 | Zurich | 34,3% | 62,5% | 160 |
| 22 | Jura | 32,0% | 61,5% | 51 |
| 23 | Genève | 31,0% | 61,8% | 45 |
| 24 | Vaud | 29,1% | 64,7% | 300 |
| 25 | Neuchâtel | 28,9% | 58,4% | 24 |
| 26 | Bâle-Ville | 25,4% | 66,4% | 3 |
Positions
Recommandations selon les explicationsRecommandation du comité d’initiative
RecommandationOui
Le comité estime qu’on assiste depuis l’instauration de la libre circulation complète des personnes avec l’UE à une immigration de masse qui fait peser un fardeau énorme sur l’environnement, le marché de l’emploi, les assurances sociales et les infrastructures. Il veut que la Suisse contrôle elle-même l’immigration, sans libre circulation.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Recommandation du Conseil fédéral et du Parlement
RecommandationNon
Le Conseil fédéral et le Parlement rejettent l’initiative, car elle remet en cause la voie bilatérale avec l’UE. Elle met en péril les relations stables de la Suisse avec son partenaire principal. Elle menace l’emploi et la prospérité, alors que nous sommes confrontés à de grandes incertitudes économiques.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Vote au Parlement
| Oui | Non | Abstentions | |
|---|---|---|---|
| Conseil national | 53 | 142 | 2 |
| Conseil des États | 5 | 37 | 2 |
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref ». Tel qu’indiqué dans les explications ; si leurs versions linguistiques divergent, le chiffre commun à au moins deux versions est retenu.
Les positions sont les résumés tirés des explications officielles du Conseil fédéral, repris mot pour mot, sans coupe ni appréciation de la part de ce site. Les arguments complets des deux camps figurent dans les explications en lien.
Politique d’immigration de la Suisse
La politique d’immigration de la Suisse distingue deux groupes : les ressortissants des États de l’Union européenne (UE) ou de l’Association européenne de libre-échange (AELE) [1] d’une part, qui bénéficient de la libre circulation des personnes, et les ressortissants de tous les autres États d’autre part, pour lesquels les critères d’admission sont plus stricts. Le Conseil fédéral fixe en outre chaque année un contingent pour l’accès au marché de l’emploi de ce second groupe.
Libre circulation des personnes avec l’UE
L’accord sur la libre circulation des personnes avec l’UE (ALCP) [2] est entré en vigueur le 1er juin 2002. Il permet aux citoyens suisses de vivre, de travailler et d’étudier dans tout État de l’UE, et aux citoyens de l’UE d’en faire autant en Suisse. Mais le droit à la libre circulation n’est pas inconditionnel : les personnes souhaitant vivre en Suisse doivent disposer d’un contrat de travail valable ou exercer une activité lucrative indépendante ; celles qui n’exercent pas d’activité lucrative doivent disposer de moyens financiers suffisants et d’une couverture d’assurance complète contre les maladies et les accidents.
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Immigration et émigration
L’immigration en provenance de l’UE dépend fortement de l’évolution de l’économie en Suisse et à l’étranger. Depuis 2013, l’immigration nette s’est réduite de moitié : en 2019, le solde migratoire n’était plus que d’environ 32 000 personnes dans notre pays [3]. Les citoyens suisses font eux aussi usage de la libre circulation des personnes : selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique, environ un demi-million d’entre eux vivaient dans un État de l’UE fin 2019.
[1] Les États membres de l’AELE sont, outre la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein.
[2] Accord du 21 juin 1999 entre la Confédération suisse, d’une part, et la Communauté européenne et ses États membres, d’autre part, sur la libre circulation des personnes ( admin.ch > Droit fédéral > Recueil systématique)
[3] Statistique des étrangers 2019 établie par le Secrétariat d’État aux migrations SEM ( sem.admin.ch > Publications et services > Statistiques > Statistique des étrangers > Statistiques sur l’immigration)
Que veut l’initiative ?
L’initiative veut mettre un terme à la libre circulation des personnes avec l’UE [4]. Elle charge le Conseil fédéral de mener des négociations avec l’UE pour que, dans les douze mois et d’un commun accord, l’ALCP cesse d’être en vigueur. S’il n’y parvient pas, il doit dénoncer l’accord dans un délai supplémentaire de 30 jours. Il n’a en outre pas le droit de conclure de nouveaux traités qui accorderaient un régime de libre circulation des personnes à des ressortissants étrangers. L’initiative ne demande en revanche aucun changement dans le domaine de l’asile, ni dans celui de l’immigration en provenance d’États non-membres de l’UE.
[4] L’initiative ne demande pas explicitement la fin de la libre circulation des personnes avec l’AELE, mais seulement la fin de la libre circulation avec l’UE. Cependant, comme la convention AELE se fonde sur les accords bilatéraux conclus entre la Suisse et l’UE, elle ne pourra pas être maintenue en l’état si l’ALCP n’est plus en vigueur.
[5] Accord du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse, l’Union européenne et la Communauté européenne sur l’association de la Confédération suisse à la mise en œuvre, à l’application et au développement de l’acquis de Schengen et accord du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse et la Communauté européenne relatif aux critères et aux mécanismes permettant de déterminer l’État responsable de l’examen d’une demande d’asile introduite dans un État membre ou en Suisse ( admin.ch > Droit fédéral > Recueil systématique)
Conséquences pour l’économie suisse
Si les Bilatérales I s’éteignent, l’économie suisse ne béné- ficiera plus d’un accès direct au marché de l’UE. Or, l’UE est de loin le principal partenaire commercial de la Suisse. En 2019, près de la moitié de toutes les marchandises exportées de Suisse l’étaient vers l’UE, et environ deux tiers des marchandises im- portées provenaient de l’UE [6] . En 2015, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) a commandé un rapport analysant les con- séquences pour la Suisse d’une extinction des Bilatérales I : en pareil cas, d’après ce rapport, le niveau de la performance économique de la Suisse (produit intérieur brut) serait, en moins de vingt ans, inférieur de 5 à 7 % au niveau qu’elle pourrait atteindre si les Bilatérales I restaient en vigueur, ce qui correspondrait, pour l’ensemble de cette période, à un montant de 460 à 630 milliards de francs [7].
Main-d’œuvre en provenance de l’UE et ALCP
Comme la population suisse vieillit et que la proportion de retraités augmente, les entreprises suisses continueront à avoir besoin de main-d’œuvre en provenance de l’UE. Une extinction de l’ALCP rendra le recrutement de main-d’œuvre en provenance de l’UE plus difficile pour les entreprises de Suisse et leur occasionnera davantage de travail administratif.
Protection des travailleurs de Suisse
Selon un rapport du SECO, il n’y a guère eu, jusqu’ici, d’éléments indiquant que des travailleurs de Suisse étaient évincés du marché de l’emploi à cause de l’ALCP [8] . Dès le début, la Suisse a assorti l’ALCP de mesures d’accompagnement, afin d’éviter en particulier une mise sous pression des salaires dans notre pays. En complément, des mesures ont été prises ces dernières années pour améliorer de manière ciblée la compétitivité des travailleurs de Suisse. Ainsi, l’obligation d’annoncer les postes vacants dans les professions connaissant un taux de chômage supérieur à la moyenne confère aux personnes à la recherche d’un emploi et qui se trouvent déjà en Suisse quelques jours d’avance sur les autres candidats pour le dépôt de leur dossier. En mai 2019, le Conseil fédéral a en outre adopté, en collaboration avec les partenaires sociaux, des mesures supplémentaires visant à accroître les chances sur le marché de l’emploi des travailleurs d’un certain âge en particulier (mentorats, formations et formations continues ciblées, etc.). Le Conseil fédéral et le Parlement ont par ailleurs décidé que les chômeurs en fin de droits de plus de 60 ans qui ont travaillé longtemps et qui ont peu de fortune recevraient jusqu’à leur retraite une prestation transitoire couvrant les besoins vitaux.
Conséquences pour les assurances sociales
Selon un rapport du SECO, l’immigration liée à l’ALCP ne grève pas les assurances sociales suisses [9] . Au contraire, les ressortissants des États de l’UE ou de l’AELE participent de manière considérable au financement et à la consolidation de l’AVS et de l’AI, même si, à long terme, les cotisations versées ouvriront un droit à des rentes. Enfin, l’ALCP n’a pas non plus fait augmenter le nombre de personnes touchant une rente AI.
[6] Statistique du commerce extérieur, Administration fédérale des douanes AFD ( ezv.admin.ch > Thèmes > Statistique du commerce extérieur > Banque de données Swiss-Impex)
[7] Rapport établi sur mandat du Secrétariat d’État à l’économie SECO, 2015 : « Conséquences économiques d’une extinction des Accords bilatéraux I », p. 33 ( seco.admin.ch > Services et publications > Publications > Économie extérieure > Relations avec l’UE)
[8] Quinzième rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE, 2019, p. 5 ( seco.admin.ch > Services et publications > Publications > Travail > Libre circulation des personnes et Relations du travail > Rapports de l’Observatoire)
[9] Quinzième rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des per- sonnes entre la Suisse et l’UE, 2019, p. 31 et 32 ( seco.admin.ch > Services et publications > Publications > Travail > Libre circulation des personnes et Relations du travail > Rapports de l’Observatoire)
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En détail »
- Quel a été le résultat de la votation « Initiative populaire «Pour une immigration modérée (initiative de limitation)» » ?
- Le 27.09.2020, « Initiative populaire «Pour une immigration modérée (initiative de limitation)» » a été rejeté avec 1 233 995 oui contre 1 988 349 non. La participation était de 62,3%.
- Comment les cantons ont-ils voté sur « Initiative populaire «Pour une immigration modérée (initiative de limitation)» » ?
- Le oui le plus fort venait de Appenzell Rhodes-Intérieures (54,3%), le non le plus fort de Bâle-Ville (25,4%).
- « Initiative populaire «Pour une immigration modérée (initiative de limitation)» » a-t-il été accepté ?
- « Initiative populaire «Pour une immigration modérée (initiative de limitation)» » a été rejeté au niveau national le 27.09.2020.