Arrêté fédéral portant approbation et mise en oeuvre de l'échange de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise de la directive (UE) 2017/853 modifiant la directive de l'UE sur les armes (Développement de l'acquis de Schengen)
Votations2019Résultat pondéré par les bulletins sur 2 116 communes
Contexte
La législation suisse sur les armes, comme celle de l’UE, a pour but de lutter contre l’utilisation abusive des armes. Il faut parfois adapter cette législation afin de répondre à l’évolution des besoins. L’UE a modifié sa directive sur les armes en 2017. La Suisse, qui fait partie des États de la coopération Schengen et de la coopération Dublin, veut elle aussi mettre en oeuvre cette modification de la directive de l’UE. La Communauté d’intérêts du tir suisse a lancé le référendum contre la révision partielle de la loi. Si cette révision est rejetée, la coopération de la Suisse avec les États Schengen et Dublin prendra fin automatiquement, à moins que les autres États et la Commission européenne ne prennent une décision favorable à la Suisse.
Le projet
La modification de la loi impose le marquage de tous les éléments essentiels d’une arme. Ce marquage permettra à la police de déterminer plus facilement d’où provient cette arme. En outre, l’échange d’informations avec les autres États Schengen sera amélioré. Il sera donc plus facile à la police suisse de savoir quelles personnes se sont vu refuser une arme à l’étranger pour des motifs de sécurité. La nouvelle loi apporte également des adaptations ponctuelles en matière d’autorisation des armes semi-automatiques. Il restera toutefois possible de reprendre son fusil d’assaut directement de l’armée à la fin des obligations militaires. Quant aux autres dispositions, elles permettent elles aussi de préserver la tradition suisse du tir.
Acceptez-vous l’arrêté fédéral du 28 septembre 2018 portant approbation et mise en oeuvre de l’échange de notes entre la Suisse et l’UE concernant la reprise de la directive (UE) 2017/853 modifiant la directive de l’UE sur les armes (Développement de l’acquis de Schengen) ?
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref » · Page officielle
Résultat par commune
part du oui par communeRésultat par commune
Top 10| # | Commune | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | Berne | 84,8% | BE |
| 2 | Ennetbaden | 84,5% | AG |
| 3 | Bogis-Bossey | 83,7% | VD |
| 4 | Lausanne | 82,4% | VD |
| 5 | Zurich | 82,3% | ZH |
| 6 | Jouxtens-Mézery | 81,5% | VD |
| 7 | Pully | 81,5% | VD |
| 8 | Lussy-sur-Morges | 80,7% | VD |
| 9 | Paudex | 80,7% | VD |
| 10 | Corseaux | 80,4% | VD |
Résultat par district
part du oui par district — les chiffres de district publiés par l’OFS ; les cantons sans districts restent neutresRésultat par district
Résultats par district tels que publiés par l’OFS — top 10 oui / top 10 non| # | District | Part du oui | Canton |
|---|---|---|---|
| 1 | Bezirk Zürich | 82,3% | ZH |
| 2 | District de Lausanne | 80,9% | VD |
| 3 | Wahlkreis Luzern-Stadt | 80,1% | LU |
| 4 | Bezirk Solothurn | 79,2% | SO |
| 5 | Wahlkreis St. Gallen | 74,8% | SG |
| 6 | District de la Riviera-Pays-d'Enhaut | 74,8% | VD |
| 7 | District de l'Ouest lausannois | 74,7% | VD |
| 8 | District de Nyon | 74,4% | VD |
| 9 | District de Lavaux-Oron | 74,4% | VD |
| 10 | Bezirk Meilen | 73,1% | ZH |
| # | Canton | Part du oui | Participation | Communes |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Bâle-Ville | 75,0% | 60,1% | 3 |
| 2 | Genève | 72,8% | 51,7% | 45 |
| 3 | Neuchâtel | 72,6% | 42,5% | 24 |
| 4 | Vaud | 71,5% | 48,8% | 300 |
| 5 | Zurich | 70,6% | 45,6% | 160 |
| 6 | Zoug | 67,0% | 48,1% | 11 |
| 7 | Lucerne | 65,9% | 46,1% | 79 |
| 8 | Appenzell Rhodes-Extérieures | 64,3% | 43,7% | 20 |
| 9 | Saint-Gall | 64,0% | 43,0% | 75 |
| 10 | Bâle-Campagne | 62,4% | 42,5% | 86 |
| 11 | Fribourg | 62,0% | 41,6% | 119 |
| 12 | Jura | 61,9% | 40,4% | 51 |
| 13 | Berne | 61,3% | 43,5% | 328 |
| 14 | Argovie | 59,4% | 42,9% | 196 |
| 15 | Thurgovie | 59,1% | 42,5% | 80 |
| 16 | Schaffhouse | 59,0% | 67,5% | 26 |
| 17 | Soleure | 58,8% | 44,8% | 104 |
| 18 | Valais | 57,1% | 46,4% | 122 |
| 19 | Uri | 56,5% | 39,0% | 19 |
| 20 | Grisons | 55,7% | 52,3% | 100 |
| 21 | Glaris | 55,6% | 37,2% | 3 |
| 22 | Nidwald | 53,4% | 48,4% | 11 |
| 23 | Appenzell Rhodes-Intérieures | 52,9% | 37,1% | 5 |
| 24 | Obwald | 51,7% | 47,6% | 7 |
| 25 | Schwytz | 51,6% | 46,2% | 30 |
| 26 | Tessin | 45,5% | 48,6% | 100 |
Positions
Recommandations selon les explicationsRecommandation du Conseil fédéral et du Parlement
RecommandationOui
La position du Conseil fédéral et du Parlement est claire : la révision partielle de la loi apporte des améliorations ponctuelles en matière de protection contre l’utilisation abusive des armes et modifie uniquement les formalités administratives pour une partie des tireurs. Elle ne compromet pas la tradition du tir de notre pays. Et elle préserve la coopération avec les États Schengen et Dublin.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Recommandation du comité référendaire
RecommandationNon
Pour le comité, la reprise de la directive de l’UE sur les armes viole la Constitution suisse, abolit le droit de posséder une arme et enterre la pratique traditionnelle du tir sportif. Et cela sans que les modifications apportées ne soient d’une quelconque utilité pour la lutte contre le terrorisme et la criminalité.
Tous les arguments des deux camps : explications du Conseil fédéral
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref »
Vote au Parlement
| Oui | Non | Abstentions | |
|---|---|---|---|
| Conseil national | 120 | 69 | 4 |
| Conseil des États | 34 | 6 | 5 |
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En bref ». Tel qu’indiqué dans les explications ; si leurs versions linguistiques divergent, le chiffre commun à au moins deux versions est retenu.
Les positions sont les résumés tirés des explications officielles du Conseil fédéral, repris mot pour mot, sans coupe ni appréciation de la part de ce site. Les arguments complets des deux camps figurent dans les explications en lien.
Contexte
La législation suisse sur les armes entend protéger les habitants de notre pays de l’utilisation abusive des armes. Ce but est inscrit dans la Constitution depuis 1993 (1). Pour l’atteindre, la Suisse adapte sa législation sur les armes lorsque cela est nécessaire. Les États de l’UE poursuivent le même objectif. En 2017, ils ont actualisé la directive de l’UE sur les armes après plusieurs années de travaux, tirant également les enseignements des attentats terroristes commis à Paris, Bruxelles et Copenhague. Certaines des armes qui ont été utilisées lors de ces attentats étant des armes semiautomatiques, qui permettent de tirer plusieurs coups d’affilée dans un bref laps de temps, des dispositions sur l’accès à ces armes ont été intégrées dans la directive modifiée. Le Conseil fédéral et le Parlement ont décidé de mettre en oeuvre la directive et adopté la révision partielle de la loi sur les armes élaborée à cet effet. La Communauté d’intérêts du tir suisse a lancé un référendum contre cette révision.
Mesures contre l’utilisation abusive des armes
Le projet prévoit plusieurs mesures contre l’utilisation abusive des armes. Il impose ainsi le marquage de tous les éléments essentiels d’armes. Il exige également des personnes qui en font le commerce qu’elles déclarent à l’office cantonal compétent, par voie électronique, tous les achats et ventes d’armes ou d’éléments d’armes. Ces mesures permettront à la police de déterminer plus facilement d’où provient l’arme. Elles visent également à lutter plus efficacement contre le marché noir. Le projet améliore aussi l’échange d’informations avec les autres États Schengen. Il sera ainsi plus facile à la police suisse de savoir quelles personnes se sont vu refuser une arme à l’étranger pour des motifs de sécurité. Ces personnes ne pourront obtenir aucune arme dans notre pays.
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Nouvelle réglementation pour les armes semi-automatiques
Le projet classe notamment les armes semi-automatiques munies d’un chargeur de grande capacité dans la catégorie des armes interdites. Il restera toutefois possible d’acquérir ces armes et de les utiliser pour le tir sportif. Le permis d’acquisition d’armes sera remplacé par une autorisation exceptionnelle. Le droit actuel prévoit déjà un régime d’autorisation exceptionnelle pour les armes entrant dans la catégorie des armes interdites.
Changements dans les formalités administratives
Le projet prévoit des changements dans les formalités administratives relatives à l’acquisition et à la possession d’armes semi-automatiques, notamment de celles munies d’un chargeur de grande capacité : les collectionneurs et les musées devront dorénavant indiquer comment ils comptent assurer la conservation de ces armes ; ils devront également en dresser la liste. Les tireurs qui souhaitent acquérir une telle arme devront démontrer, après cinq ans puis après dix ans, qu’ils sont membres d’une société de tir ou qu’ils pratiquent régulièrement le tir. Ceux qui en possèdent déjà une pourront la conserver, mais ils devront la déclarer dans un délai de trois ans à l’office cantonal compétent, à moins qu’elle n’y ait déjà été enregistrée. Aucun émolument ne sera perçu pour cette déclaration. Si l’arme est déjà enregistrée, il n’y aura donc aucune démarche à faire.
Ce qui ne change pas
Les conditions essentielles d’acquisition d’une arme ne changeront pas. Il sera possible de conserver son fusil d’assaut après le service militaire sans qu’aucune nouvelle condition ne soit imposée. Aucun test médical ou psychologique ne sera non plus exigé, et il ne sera pas nécessaire d’être membre d’une société pour pouvoir acquérir une arme. Il n’y aura pas de registre central des armes. Rien ne changera non plus pour les chasseurs.
La tradition du tir sera préservée
Lors de l’élaboration de la modification de la directive de l’UE sur les armes, il a été question entre autres d’interdire totalement la possession d’armes automatiques ou semi-automatiques par des particuliers ou de limiter le nombre d’armes pouvant être détenues. La Suisse est parvenue à empêcher, avec d’autres États, que la directive n’impose des obligations aussi contraignantes. Et lors de la mise en oeuvre des normes de l’UE dans la législation suisse sur les armes, le Conseil fédéral et le Parlement ont exploité au maximum, au bénéfice des détenteurs d’armes et des tireurs sportifs, la marge de manoeuvre que la directive laisse aux États. La tradition suisse du tir ne sera donc pas mise en péril. La Fête fédérale de tir suisse, par exemple, le tir en campagne, les services obligatoires ou les cours de tir pour les jeunes pourront continuer à être organisés. Les événements locaux traditionnels tels que le « Knabenschiessen » à Zurich, le Grand tir des abbayes vaudoises en Suisse romande, ou encore le « Tiro Storico San Gottardo » au Tessin ne seront pas non plus menacés.
Que se passera-t-il en cas de non ?
Si la législation sur les armes n’est pas adaptée, la participation de la Suisse au système Schengen/Dublin pourrait prendre fin (voir encadré « La Suisse et le système Schengen/ Dublin »). La cessation des accords bilatéraux qui fondent cette coopération aurait de nombreuses conséquences pour notre pays, non seulement dans les domaines de la sécurité et de l’asile, mais aussi sur le trafic transfrontalier, sur le tourisme et sur l’économie dans son ensemble. N’ayant plus accès aux systèmes d’information et de recherches de Schengen et Dublin, la police et les gardes-frontière ne recevraient plus automatiquement les nombreuses informations qui transitent par ces systèmes. La Suisse devrait de nouveau traiter les demandes d’asile émanant des requérants déboutés dans un autre pays européen. Les personnes voyageant en Europe qui souhaitent s’arrêter dans notre pays devraient obtenir, en plus du visa Schengen, un deuxième visa pour la Suisse. Il faudrait également réintroduire des contrôles de personnes dans le trafic frontalier quotidien avec les pays voisins et dans les aéroports suisses, car nos frontières deviendraient alors des frontières extérieures de l’espace Schengen. Selon un rapport publié par le Conseil fédéral en février 2018 (2), cela ferait perdre plusieurs milliards de francs par an à l’économie suisse.
(1) Art. 107, al. 1, de la Constitution fédérale ; RS 101 ( admin.ch > Droit fédéral > Recueil systématique)
(2) Les conséquences économiques et financières de l’association de la Suisse à Schengen. Rapport du Conseil fédéral du 21 février 2018 en exécution du postulat 15.3896 ; parlament.ch > 15.3896 > Rapport en réponse à l’intervention parlementaire.
(3) La coopération Schengen comprend les États de l’UE, à ceci près, d’une part, que la Grande-Bretagne et l’Irlande n’appliquent pas toutes les réglementations Schengen et, d’autre part, que la Bulgarie, la Roumanie, Chypre et la Croatie ne les appliquent pas encore en entier. L’espace Dublin comprend tous les États de l’UE. S’y ajoutent les États associés (Suisse, Norvège, Islande et Principauté de Liechtenstein), seuls États non membres de l’UE mais appliquant néanmoins l’intégralité des réglementations de Schengen et de Dublin (état : février 2019). Tous ces États sont tenus de mettre en oeuvre la directive sur les armes.
(4) Ce dispositif est fixé à l’art. 7 de l’Accord du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse, l’Union européenne et la Communauté européenne sur l’association de la Confédération suisse à la mise en oeuvre, à l’application et au développement de l’acquis de Schengen ; RS 0.362.31 ( admin.ch > Droit fédéral > Recueil systématique).
Source : explications du Conseil fédéral (Chancellerie fédérale), chapitre « En détail »
- Quel a été le résultat de la votation « Arrêté fédéral portant approbation et mise en oeuvre de l'échange de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise de la directive (UE) 2017/853 modifiant la directive de l'UE sur les armes (Développement de l'acquis de Schengen) » ?
- Le 19.05.2019, « Arrêté fédéral portant approbation et mise en oeuvre de l'échange de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise de la directive (UE) 2017/853 modifiant la directive de l'UE sur les armes (Développement de l'acquis de Schengen) » a été accepté avec 1 501 880 oui contre 854 274 non. La participation était de 45,5%.
- Comment les cantons ont-ils voté sur « Arrêté fédéral portant approbation et mise en oeuvre de l'échange de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise de la directive (UE) 2017/853 modifiant la directive de l'UE sur les armes (Développement de l'acquis de Schengen) » ?
- Le oui le plus fort venait de Bâle-Ville (75,0%), le non le plus fort de Tessin (45,5%).
- « Arrêté fédéral portant approbation et mise en oeuvre de l'échange de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise de la directive (UE) 2017/853 modifiant la directive de l'UE sur les armes (Développement de l'acquis de Schengen) » a-t-il été accepté ?
- « Arrêté fédéral portant approbation et mise en oeuvre de l'échange de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise de la directive (UE) 2017/853 modifiant la directive de l'UE sur les armes (Développement de l'acquis de Schengen) » a été accepté au niveau national le 19.05.2019.